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 Supermarket flowers

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Message(#) Sujet: Supermarket flowers Dim 7 Jan - 19:53

Le Refuge fournissait tout. Presque tout. Quand on est arrivé, ils nous ont attribué une chambre, nous ont montré les locaux à partager en commun (il y a même des dortoirs), où est-ce qu'il fallait aller se doucher, les heures d'ouvertures du réfectoire, et tout le nécessaire à la vie "ensemble". La chambre, elle ressemblait un peu à celles qu'on trouve dans les auberges de jeunesse ; on a droit au strict minimum. Vous avez un lit, une armoire et le droit de voir la lumière du jour. Le reste, c'est vous et votre camarade animal. Pour Basile et moi, c'était bien assez.

Il fait froid quand on est seul, et on passe notre vie à se battre contre la solitude. À se battre pour quelques degrés supplémentaires. On vit de ça, pas vrai ? Si on n'a personne près de qui se loger, tout nous parait fade. J'ai retrouvé un peu de chaleur quand le Refuge m'a permis de redevenir fleuriste. J'étais content de voir que, malgré les aléas du temps, mes compétences en reconnaissances florales n'avaient pas flétries. Je peux encore distinguer la présence du toxique, marier les couleurs entre elles, composer des arrangements pour décorer la devanture, traduire une émotion par le biais d'une plante précise,... Tout ça, ce sont des choses que Basile et moi, on aime. Une manière de rester proche de l'être humain, tout en étant nous même et dans la nature. Oui, ça paraissait être le parfait compromis.

En tirant la poignet de l'armoire dans les cuisines, l'absence de conserves me fait lever les sourcils. Je sais que j'ai toujours eu le régime alimentaire difficile... mais... je peux pas avaler de la viande sans avoir un haut-le-cœur. Dans le frigo, les barquettes de bœuf m'arrachent l'expression dégoutée : C'est comme me voir moi pris au piège dans les conservateurs. Je dois peut-être cette fragilité à ma nature, je ne sais pas, c'est puissant de se sentir aussi attaqué à la vue d'aliments. Je ne suis pas tout seul mais je vois bien qu'il n'y a que moi qui ai faim de légumes. Les visages comprennent quelle créature dort en moi et on préfère se taire dans une esquisse tranquille ou une tape amicale dans le dos. Mais je ne leur en veux pas. J'aurais sans doute réagi de la même manière si j'avais été lion ou coyote.

Dehors il fait froid, mais c'est un froid un peu chaud, un peu lumineux. Fraicheur hivernale qui m'apaise ; j'ai l'écharpe suffisamment épaisse pour qu'on n'y voie que la fenêtre de mes yeux. Depuis qu'on est arrivé au Refuge, on n'a pas connu beaucoup de gens. On croise, on rafle des épaules, on se regarde, parfois. On a la chance d'un sourire ou d'un mot, peut-être. Du coup, avec une maigre bourse dans la poche, c'est vers le centre qu'on est allé. Oui, on sait au moins que tout ce dont on a besoin et que le Refuge ne peut nous fournir, on le trouvera là-bas. Le seul problème qui reste, c'est la présence de monde.
Basile et moi, on a du mal.

À l'entrée, il me faut attendre plusieurs minutes avant d'oser franchir les portes sans risquer de me faire bousculer par un inconnu. Je préfère ça... que de provoquer les tensions. Mieux vaut courber l'échine. (...) Comme prévu, c'est blindé de monde. Basile est sensible et je sais qu'il entend les aboiements des chiens, le piaillement des oiseaux, les rugissements fauves. Il comprend quels métamorphes sont là puisque la plupart d'entre eux sont des prédateurs pour nous. Mon cœur se serre. Je veux éviter de croiser des regards et mon pas se presse pour m'emmener au plus petit commerce du coin. Le genre de supérette déserte avec une lumière bleutée un peu spéciale qui donne l'impression qu'on se trouve dans un de ces films américains avec des hold-up en pleine nuit. La possible présence de caméras suffit à me rendre nerveux comme si j'avais tué quelqu'un. "Bonjour... Euh... C'est où le rayon des légumes ?" Pas de réponse. Il a les yeux fermés, on dirait qu'il fait un rêve. Tant pis, je crois que c'est au bout. Y a personne, on craint rien... Il faut que Basile se calme ou sinon je vais devenir fou. (Tout à l'heure il faudra que j'aille au parc pour me transformer)
Une enseigne au-dessus d'un complexe de rayons m'indique je suis arrivé à l'El Dorado. Les "Condiments" sont tous là, rangés en lignes et par couleurs. C'est agréable à l'oeil et je n'ai pas envie de déranger la propreté du rangement. Un sentiment de soulagement me traverse : l'harmonie visuelle a des effets positifs sur mon humeur. C'est comme ça depuis que je suis né. Je me dis ça, mais j'ai quand même intérêt à prendre ce que je veux et filer d'ici le plus vite possible. (J'ai pas fait attention à si le... le vendeur était comme nous, lui aussi) (Il doit aimer dormir) La plante de mes pieds me fait gagner quelques centimètres mais même le levé de ma main jusqu'à plus haut que moi ne me fait pas atteindre la boite qui m'intéresse. Pourquoi ils mettent les asperges aussi haut ? C'est pour la blague ?

... À droite.
... À gauche.

Personne ne me verra, si je pose le pied sur l'étalage, comme ça ? Et si je m'appuie, que je soulève un peu mon corps pour arriver là-haut ? Non, ils ne verront rien. Basile, attends-moi, on sort bientôt.

J'attrape la conserve et j'ai un sourire : Ça y est ! Mais je sais pas ce qui se passe ; c'est fragile et tout s'effondre sous moi. Trop rapide, j'emporte à la foulée les rangées de haricots, les aubergines, le cassoulet et les pommes de terre dauphines dans mon envol. La chute fait un boucan pas possible et le fer roule autour de moi comme un rite. J'y vois plus clair... Dans quelle position je suis tombé ? J'ai mal au flanc et à la jambe. Et je crois que j'ai réveillé le caissier.
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Sam 13 Jan - 23:47

*Les courses. Un moment par lequel il fallait passer, mais qu’elle détestait par-dessus tout. Depuis la mort de ses parents et de sa famille, Lia avait peu à peu perdu l’habitude de se retrouver en compagnie d’autre personnes. Elle s’était renfermée, devenant une adolescente secrète qui ne s’exprimait que via la musique ou ses récits. Les rares moments où elle acceptait la foule étaient ceux demandés par sa maison d’édition, lorsqu’elle devait faire la promotion de l’un de ses romans. Elle acceptait bien sure, parce qu’il fallait bien les contenter un peu pour pouvoir continuer à vivre de cela. Alors elle se laissait préparer, souriait, prenait la pause. Elle riait, se montrait sociale au possible avec ses lecteurs – elle ne feignait pas vraiment, elle appréciait ces gens qui l’aidaient à vivre d’une certaine manière. Puis elle retournait se terrer chez elle pour les six prochains mois, prétextant l’écriture d’un nouveau roman alors que les six prochains tomes étaient déjà écrits d’avance. Il lui prenait parfois l’idée de modifier l’une ou l’autre chose mais cela ne durait jamais plus de quelques jours, et elle pouvait alors vaquer à d’autres occupations.

Ses essais chimiques, par exemples. Elle n’avait pas encore trouvé de cobaye pour ceux-ci : incapable de différencier les simples humains des métamorphes, elle se trouvait bien incapable de trouver la personne idéale. Allez savoir s’il s’agissait là d’un effet supplémentaire du sérum qu’elle prenait soin de s’injecter régulièrement, ou si son tigre tentait de limiter un minimum les dégâts que celle avec qui il partageait son corps pourrait occasionner. Car s’était bien cela, malheureusement : Lia était incontrôlable, autant que lui-même l’était lorsqu’il parvenait enfin à se débarrasser de cette enveloppe humaine. Il aimait la liberté, gambader à longues enjambées dans la forêt, chasser jusque pas d’heures, la traque était son moment favoris. Il se fiait à ses instincts, tout le contraire de son humaine, tentant alors de compenser la frustration qu’elle lui faisait subir lorsqu’elle le forçait à assister, impuissant au film de cette vie qu’il devrait pourtant partager.

Elle devait également s’atteler à quelques choses et d’autres. Entretenir quelques rapports sociaux, même si cela n’avait jamais été « son truc ». Elle se rendait au café une fois par semaines – sauf lorsque le moment où les doses ne feraient plus effets se rapprochaient, elle préférait alors rester soigneusement terrée dans sa maison. Et puis, parfois, elle devait faire les courses. Inutile de dire que dans ces moments là, Lia faisait son maximum pour ne pas devoir y retourner avant un long moment. Elle achetait de tout : de la viande, des légumes, des vêtements, essuies-tout, savon… Tout ce dont elle pourrait remplir ses placards et parfois plus encore. Tout ce qui lui garantissait qu’elle n’aurait pas à reprendre un bain de foule avant au moins plusieurs semaines, de préférence un mois un mois et demi. Elle n’aimait décidément vraiment pas les gens…

Sans doute parce qu’elle avait peur. Eh oui, elle était terrifiée la petite. Terrifiée à l’idée que l’on puisse comprendre pourquoi elle se tenait si loin des gens, pourquoi elle ne parlait pas. Qu’on puisse comprendre qu’elle n’était pas humaine, qu’elle était comme ceux qui avaient anéantis sa vie. Elle aurait sans doute préféré qu’on la tue également, cette nuit là. Cela lui aurait évité de vivre avec les remords, remords d’avoir survécu car elle était comme eux. Car elle avait failli y passer cette nuit là, elle le savait. Il lui arrivait encore d’en rêver, parfois. Revoir ce diner si familier, où tout se passait bien. Elle revoyait sa mère qui couvait son père d’un regard tendre. L’attitude protecteur de celui-ci, son oncle et sa tante qui riaient aux éclats, lui disant qu’il était bien trop surprotecteur avec elle et ses frères et sœurs avant que son père ne leur réplique en souriant qu’ils étaient pire avec les leurs.

Son cousin et sa cousine étaient dans le salon, en train de jouer : agés seulement de trois ans, ils étaient encore bien innocent vis-à-vis du monde qui les entourait. Son frère aîné lançait un regard amusé sur Lia qui lui répondait en tirant la langue. Elle savait bien qu’on la considérait comme étant encore beaucoup trop tendre. Cela viendrait qu’ils disaient. Lia l’espérait de tout cœur, mais ne pouvait s’empêcher de douter…

A ce moment là ils avaient tout l’air d’une famille normale. Aimante. Tout avait basculé en une demi seconde : la porte avait été défoncée, et ils s’étaient retrouvés encerclé en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Les premières victimes avaient été ses cousins : trop loin de la table et bien trop jeune pour pouvoir se défendre, ils avaient succombé dans un cri conjoint, la gorge tranchée et les yeux pleins de larmes et d’incompréhensions. Ils n’avaient eu aucune chance.
N’ayant pas leurs armes avec eux, le premier réflexe de son père avait été de lancer un couteau dans la direction des métamorphes. Il avait atteint sa cible, proche du cœur mais pas suffisamment pour le toucher. Tous s’étaient alors retrouvés sans défenses, éparpillés peu à peu dans la maison. Ses parents, son oncle et sa tante s’étaient battus bravement. Son grand frère avait fait barrage, faisant signe à Lia de monter à l’étage avec les autres. Elle avait tenté d’ignorer le fait qu’il ne s’en sortirait sans doute pas, et était simplement montée…

Dans l’escalier, s’était la cohue. Chacun souhaitait aller se cacher, sachant parfaitement qu’il serait vain de rester dans la maison car ils sentiraient leur odeur. Sa sœur ainée prit son petit frère à bras, et se dirigea vers la salle de bain. Son autre sœur, de deux ans plus jeune se dirigea vers sa chambre à elle tandis que Lia allait dans la sienne. Elle ne comptait pas y rester, elle n’était pas naïve à ce point. Les réserves d’armes se trouvaient trop loin pour qu’ils puissent les attendre, elle avait donc été condamnée à tenter de s’enfuir. Penchée sur la fenêtre de sa chambre, elle se revoyait fixer le vide avec le peur d’y plonger. La porte derrière elle s’était ouverte à la volée, et avant qu’elle n’ait pu faire le moindre geste elle avait été jetée sur le sol. Une gueule pleine de croc se trouvait face à son visage, la bave ensanglantée de celle-ci glissant lentement vers elle. L’adolescente avait alors fermé les yeux… et tout avait changé. Elle s’étiat sentie exploser. Littéralement… Et soudain, elle ‘était trouvée à une hauteur bien inhabituelle. Un rugissement lui avait échappé, et s’était tout ce dont elle se souvenait. En général, s’était là qu’elle se réveillait. Comme ce soir là. Se réveillant en sursaut et en sueur, elle poussa un soupir tandis que son cœur battait la chamade.

Un coup d’œil sur la table de nuit suffit à lui faire comprendre que malgré son stock impressionnant, elle avait oublié de reprendre des somnifères et des calmants. Pas le choix, elle savait qu’elle ne parviendrait pas à retrouver le sommeil.

Soupirant profondément, elle s’était extirpée du lit à contre cœur. Il était tard, à cette heure ci il n’y aurait que les petites boutiques du centre commercial qui pourraient la dépanner. Alors elle s’y était rendue, encore ensommeillée mais bien trop anxieuse pour pouvoir retrouver le sommeil. Les mains agrippées sur le volant, elle s’était garée dans le parking presque désert, et s’était dirigée vers le magasin le moins remplis de la galerie en priant qu’il aurait également une fonction pharmacie. Ou au moins des tisanes calmantes, cela ferait l’affaire en attendant l’ouverture d’un magasin spécialisé.

Perdue dans ses pensées, c’est un vacarme assourdissant qui la sort de celles-ci. Ça, et aussi le fait que le rayon à côté d’elle semble soudainement s’écrouler. Elle fronce les sourcils et le contourne, cette fois totalement réveillée pour trouver un capharnaüm sans nom. Le caissier a sursauté lui aussi, mais semble avoir décidé de repartir au pays des rêves. De son côté, elle tente de discerner le responsable de ce massacre, jusqu’à croiser ton regard.

Un regard doux, paisible, qui lui donne aussitôt envie de te protéger. Du moins, pour le moment. Elle s’approche, s’accroupit pour être à ta hauteur et te tend la main*

-Vous n’avez rien de cassé ?

*Elle a encore des petits yeux, mais un sourire prend place sur son visage tandis qu’elle essaie de dégager de tes cheveux la sauce aigre douce que tu as également emporté dans ta chute*
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Jeu 18 Jan - 14:40

J'ai mis les pieds dans le plat. Littéralement. Sous moi, je ne sais pas ce que c'est, mais c'est probablement pas quelque chose de dur comme le sol. Je crois que j'ai écrasé des tomates. L'humidité qui monte dans le bas de mon dos me paralyse sur place, mitigé entre ressentir mon mal ou bien la surprise d'avoir fichu en l'air le rayon le plus délicat du magasin. Au moins, j'avais la certitude d'être seul et que, à part le caissier, j'allais pas craindre de me prendre les moqueries ou les exclamations. Je reste même immobile, attendant le moment où plus rien ne tombera, plus rien ne roulera. J'ai l'infime sensation que si je bouge ne serait-ce qu'un millimètre de mon corps, je vais encore emporter avec moi des milliers de concombres, ou bien voir des conserves pleuvoir du ciel comme une punition divine.

L'idée que j'aie à rembourser tout ça m'arrache intérieurement les tripes. Oh non. Pas ça.

"Heu, j'ai... Désolé... Je vous avais pas vu... Mais j'vais bien, p-pas d'inquiétude." Je cligne des yeux devant celle qui s'est accroupi à côté de moi, ôtant un peu d'aigre douce à ça et là de mes joues. Je le sens bien que ça continue de couler, mais c'est la présence de cette femme qui m'arrache à la stupeur. Non, j'étais pas seul. "... N-ne dites rien. Il s'est pas réveillé, n'est-ce pas ? Dites rien j'vous en supplie."

L'horreur grimpe à ma gorge et plie ma voix comme si j'étais au bord du précipice : j'ai pas les moyens de rembourser mon bordel... Basile se tend parce qu'il sait qu'on risque de se faire jeter, ou pire : de devoir prendre en charge tous les frais pour ce qui s'est passé. Si je devais me mettre à bosser ici pour réparer les dégâts, je sais pas si je pourrais me le permettre. J'ai... J'ai la boutique qui m'attend, et puis... Lui. Alors je peux pas être prisonnier ici, pas pour quelque chose d'aussi stupide.

Ma pomme d'Adam fait un bond sous mon déglutissement. Je ne sais pas qui est cette femme, mais j'ai l'impression que je peux lui faire confiance. Son sourire, peut-être. Ou bien ses cheveux lisses qui s'échouent en cascade autour de son visage ; ça lui donne l'air compatissant. J'hallucine, peut-être, je sais pas. Est-ce que je rougis ? On verra rien sous toute la sauce. Hein, pas vrai ?

"Au... Au moins, je l'ai, ma boite d'asperges."

Partout je baigne dans les légumes et les liquides de conservation. J'ai l'air con, je le sais. Je le sais trop bien. Pourtant je peux pas m'empêcher de sourire en coin.
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Mar 30 Jan - 22:15

*En effet, tu as bien mis les pieds dans le plat. Dans la casserole même, voir le restaurant complet aux vues de tout ce qui est étalé autour de toi. Sans doute aurait-on de quoi faire un repas complet et bien riche avec tout ce qui a été gaspillé, mais Lia n’est pas vraiment à cheval sur le gaspillage. Elle n’a jamais manqué de rien, que ça soit avec ses parents ou dans ses familles d’accueil et aux vues de la maison et l’argent dont elle a hérité à sa majorité, sans parler du succès de ses romans, le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas non plus prête de manquer de quoi que ce soit.

A tes excuses elle hausse un sourcil, mi surprise, mi amusée. Si tu dois t’excuser auprès de quelqu’un ce n’est surement pas auprès d’elle, elle n’a rien avoir avec ce magasin. Son sourire reste en place, quoi que l’étonnement prenne légèrement le pas lorsque tu demandes de ne rien dire : elle fronce ensuite les sourcils. Est-ce la timidité à l’idée d’assumer ton erreur face au vendeur ou un problème d’argent qui te met dans cet état ? dans tous les cas elle secoue la tête, avant de laisser échapper un léger gloussement*

-Tout ça pour ça. Vous savez il y avait des moyens bien moins salissants de la récupérer.

*Une petite trace moqueuse dans sa voix, mais pas grand-chose : il s’agit clairement d’une boutade. Veillant à ne pas parler trop fort elle te tend la main pour t’aider à te relever, regardant autour de vous. Rapidement, elle trouve une caméra : comme elle s’en doutait, le magasin est sous surveillance. En dehors de la boutique du centre commerciale il n’y a personne. Vu l’heure, ce n’est pas étonnant. *

-Si vous voulez éviter d’alerter le vendeur, je pense qu’on devrait y aller rapidement. Je ne sais pas vous, mais je n’ai aucune envie de ramasser tout ce bazar…

*Retour d’un sourire complice, elle replace une longue mèche de cheveux derrière son épaule en te gratifiant d’un regard chaleureux. Discrètement, elle glisse une de ses cartes dans un rayon afin de pouvoir être contactée par le vendeur : il vaudrait mieux éviter d’être tous deux poursuivi pour vol et/ou escroquerie. Elle se débrouillera avec ça.

Te laissant passer devant, elle quitte la boutique à ta suite*

-Mh.. ça ira, pour vos vêtements ?

*le fait que tu n’aies pas de quoi payer les pots cassés lui fait s demander jusqu’où vont tes problèmes d’argents. Marquant une pause, elle propose après une hésitation*

-Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre votre douche chez moi. J’habite un peu en dehors de la ville, vous ne risquez pas de croiser quelqu’un que vous connaissez comme ça.

*Puis, réalisant qu’elle ne s’est toujours pas présentée, elle tend sa main*

-Au fait, je m’appelle Lia. Et vous ?
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Ven 2 Fév - 18:53

C'est vrai que j'ai pas mon pareil pour me foutre dans des vieilles situations. Souvent c'est pour des broutilles, comme là, maintenant. Ça colle tellement que je préfère éviter de bouger pour ne pas sentir la glue alimentaire qui accroche le bas de mon dos. Heureusement qu'il y a cette femme, sinon je serais encore là demain.
Sa voix me ramène sur terre. En deux secondes j'avais réussi à disparaitre mentalement, à imaginer le caissier se réveiller d'un coup pour me poursuivre jusqu'à l'autre bout du centre commercial. Je sais que j'en serais capable. De fuir, motivé par la peur au ventre. Si y a un truc que je sais sur moi, c'est jusqu'où je pourrais aller pour sauver ma peau. J'ai le don de la loterie : soit je reste planté sur place et on me coffre, soit je fous le camp et plus jamais on me revoit. En ce moment, j'aurais opté pour la première solution. Le bruit qui avait plu autour de moi quelques secondes plus tôt, ça avait eu le même effet que toute une cavalerie de flics émergeant des bagnoles.

"J'aimerais les connaitre, ces moyens. Attendez, vous salissez pas plus que j'le suis... Je vais me relever. Merci." J'ai quand même la force pour pousser dans les jambes. Et je manque de glisser, de peu. Oui, mes mains viennent de s'accrocher aux bras de cette femme. J'suis désolé. "O-ouais... Vaut mieux. Heu... Il est réveillé...?"

J'en sais rien, et en fait, je préfère pas le savoir. Quand je suis debout, je sais que je suis bon pour une lessive en rentrant. En rentrant... Comment je vais expliquer ça à la réception. Ils savent que j'étais parti faire mes emplettes ; comment tu justifies un retour avec des milliers de légumes agrippés à tes vêtements, du jus de conserve et tes cheveux qui baignent dans la sauce tomate ? "Oui pardon, j'ai glissé !" ? Nan mon pote. Même moi, je me croirais pas.
On sort. Sur la pointe des pieds, je dirais. Les caméras elles ont dégusté toute la scène qui s'est déroulée, je le sais, je le sens et j'entends la bande qui s'enroule pour garder la surprise aux agents de surveillance qui auront le plaisir de voir un boulet pris dans les rayons du supermarché. Je déglutis et un réflexe nerveux me pousse à passer la main dans mes cheveux ; grave erreur. Aah... C'est dégoutant.

Je me suis fichu dans la merde tout seul mais elle reste avec moi. C'est là que je ne sais pas comment me comporter : je devrais dire merci, courber la tête et lui dire Non ça va c'est rien tout va bien ? Ou accepter son offre ? Je sais pas où me mettre. Comme d'habitude. J'aurais eu ma place sur les étagères de la supérette, moi aussi.

"C'est gentil, j'adorerais pouvoir éviter de m'pointer chez moi dans cet état, mais je veux pas vous déranger et salir votre paillasson. Vous avez bien vu comment ça a fini..." J'ai les yeux qui baladent encore vers le magasin qui s'éloigne au fil de nos pas qui nous font fuir de la scène du crime. Mais je la regarde dans les yeux, cette inconnue. Lia, qu'elle dit s'appeler. Tiens, c'est marrant comme prénom. Jamais entendu ça auparavant. Je lui rends sa poignée. Pardon pour la sauce aigre douce, vous en avez aussi sur vous maintenant. "Basil. Merci vraiment, pour la proposition, mais j'veux surtout pas vous ennuyer. Oui sincèrement."

La vérité c'est que je voudrais lui dire oui, mais j'ose pas. J'aurais l'impression de déporter mon problème sur quelqu'un d'autre, de remettre à plus tard ma bêtise et que fatalement, ça finira par me retomber dessus. C'est tentant d'accepter, de se laisser porter par la facilité. Vraiment trop tentant.

"Mmm... J'veux... J'veux pas rentrer et embarrasser tout le monde. Vous êtes sûre que c'est pas loin d'ici...? N-non en fait oubliez ! J'ai rien dit, j'ai rien dit du tout."

Je suis con, qu'est-ce que je suis con. Pourquoi je sais pas simplement faire oui ?
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Sam 3 Fév - 23:58




*La demoiselle lève les yeux au ciel face à tes réticences. Il est évident que sa proposition t’arrange, alors pourquoi ne pas accepter ? Elle secoue la tête, et attrape tout simplement ton bras avant de t’entraîner avec elle vers sa voiture*

-Contentez vous de d’acquiescer, voir d’hocher la tête si c’est trop difficile. Si nous continuons comme ça, on sera encore en pourparler quand les prochains clients arriveront… voir pire, quand le vendeur se réveillera.

Depuis l’intérieur du magasin, il lui semble entendre un bruit sourd. Aurait-elle eut des paroles prémonitoires ? Arrivant au niveau de sa voiture elle la déverrouille d’un bouton, grimpant côté conducteur en te lançant un regard. Alors, que vas-tu faire ? Grimper dans la voiture, ou attendre que le gérant du magasin sorte voir ce qu’il en est ?

Elle n’attend pas bien longtemps avant de te voir monter et retient un regard amusé : elle a sans doute déjà bien trop ri à tes dépends aujourd’hui, même si ce n’est qu’intérieurement. La banquette de cuir de sa voiture se voit maculée de liquide en tout genre et elle se dit qu’elle est sans doute bonne pour l’envoyer au Car Wash. Peut être trouvera-t-elle des enfants contents de le faire pour quelques dollars ? Elle préférait toujours gâter ceux-ci plutôt que laisser aller ses billets dans l’industriel. Sans doute un souvenir des menus services qu’elle rendait, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant.

Sourire au coin des lèvres, elle prend le chemin de sa maison. Elle a un peu menti en disant que ce n’était pas loin, elle vit tout de même en dehors de la ville. Pourtant elle n’a aucune mauvaise intention – pour le moment en tout cas. Le tigre en elle a reconnu le métamorphe que tu es, et du fin fond de la conscience où il est tapis de force il tente de déployer une aura menaçante, de te pousser à fuir. Si Lia apprend ta véritable nature… il serait trop tard pour toi, une fois dans la demeure de la chasseuse. Car bien qu’elle ait fait du métier d’écrivain son principal intérêt et qu’elle ne chasse plus réellement les métamorphe, elle restait une chasseuse. Les fusils au mur et la pièce où ses parents enfermaient les méatas qu’ils capturaient en témoigne.

Le moteur se coupe devant la grande demeure, le trajet s’est déroulé dans un silence pensif. Elle à son trajet et amusement, toi elle ne sait pas réellement où. Un sourire aux lèvres, elle descend de l’habitacle, assurée que tu la suivras. A part te réfugier dans la forêt, tu n’as pas vraiment de choix, de toute manière. Elle déverrouille la porte, te précédent dans sa demeure avant d’accrocher ses clés aux crochets de l’entrée. Dehors le soleil se lève timidement, et elle te lance :

-La salle de bain est à l’étage. Tu peux mettre tes vêtements en tas devant la porte, je passerai les prendre pour les mettre à laver. Prends l’avance, je vais voir si j’ia quelque chose à te passer en attendant le lavage.

*et sur ces quelques mots, elle disparait à son tour à l’étage. Les chambres de ses frères et sœurs n’ont jamais été vidées. Son frère ainé était bien plus bâti que toi, mais elle suppose que ça fera bien la peine pour quelques heure…*
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Dim 4 Fév - 11:32

Qu'est-ce qui pousse une personne à aller aider un parfait inconnu alors qu'elle risque elle-même de se ficher dans de beaux draps ? Je sais pas, j'ai pas la réponse à ça. Je me dis que si c'était arrivé dans le sens inverse, moi, je me serais pas arrêté pour tendre la main à un type perdu sous la sauce tomate. J'aurais pas eu cette audace d'écarter des mèches de cheveux pour regarder la maladresse droit dans les yeux.

C'est à ça que je pense quand finalement elle me traine jusqu'à sa voiture. Ouais. Je préfère encore montrer que je suis vivant en faisant des mouvements de la tête, plutôt que de parler et encore déblatérer des bêtises. Y a une sorte d'assurance qu'émane de l'allure de cette femme. Ça me laisse pantois et si j'avais de quoi me couvrir de terre pour me faire oublier, soyez sûrs que je l'aurais déjà fait. Je n'ai pas les mots pour lui répondre (elle a raison), juste mes yeux un peu stupides qui ne savent plus quoi fixer quand le vrombissement du moteur provoque son bourdonnement mécanique. C'est sûr, je m'attendais pas à rentrer dans un 4x4, surtout quand on sait qu'il appartient (ou du moins, qui a l'air d'appartenir) à cette fille. Faudrait que je prenne le réflexe d'appeler les gens par leur prénom, un jour.

"Heu, heuuu... Woaw, vous vivez pas tout près d'ici dis donc." Je sens mes fesses qui s'enfoncent un peu plus dans le cuir du siège, frappé par la rapidité de la conduite. Bordel, je comprends mieux pourquoi le 4X4. "A-attention ! Moins vite moins vite s'il vous plait." Je n'aime vraiment pas ça.

Jusqu'à la fin de la route je me tais, préoccupé par le panorama qui défile sa pellicule forestière sous mes yeux. C'est drôle, mais j'ai pas souvent vu les choses sous cet angle. Pas de permis, pas de voiture. Je fais tout à pied et on n'a pas de paysage aussi rapide à tel point qu'on n'en voit presque pas les détails. C'est beau, ça m'endort un peu. Elle conduit bien. Trop vite, mais bien. À plusieurs reprises je sais qu'on doit rouler sur des gros obstacles vu les bonds que je fais dans mon fauteuil. Eh bien... Au moins, on est arrivé, hein ? C'est votre maison, cette énorme bâtisse ?

Bon sang.

"Putain c'est dingue."

Je tourne un peu sur moi-même quand je passe le paillasson. La dernière fois que j'ai été dans ce genre d'endroit, c'était... Heu... Je crois que c'est jamais arrivé en fait. Quand sa voix me guide pour aller jusqu'à l'étage, j'emboite le pas mais je sais que je suis encore capable de me perdre. C'est quoi toutes ces portes ? Elles mènent à des chambres ? Il y a quelqu'un d'autre ? Oh shit shit shit pitiez ne sortez pas maintenant si vous êtes là.

"Je... Je crois que j'y suis. Désolé, j'ai un peu dégueulassé le parquet... Enfin... Je nettoierai vous en faites pas !" Je pense que j'ai dit ça pour me soulager la conscience. "Merci, merci beaucoup. Bon..."

Quand faut y aller, faut y aller. Allez Basil, tu entres et tu t'enfermes jusqu'à ce que tu sois clean et propre comme un sou neuf. Purée, jamais je suis allé dans une baraque aussi grande. Mais pourquoi tout semble aussi désert ? Je suis sûr qu'on pourrait tenir une réception en bas. J'ai envie de poser la question mais ça me parait pas vraiment approprié, surtout dans l'état dans lequel je me trouve. Hop, on ôte les boutons, tire le pantalon puis les chausses on les pose par-dessus tout ce tas de crasse sur le palier. Dans l'entrebâillement de la porte je glisse mon colis de tissus et de semelles puis je referme tout et, sans doute par réflexe, tourne le loquet de sécurité. Même quand je suis au Refuge je fais ça, alors que je crains pas de visites anonymes vu que c'est une salle de bain par chambre. Sans doute la peur bleue que même un trou de serrure suffit à héberger les regards inquisiteurs.

J'enjambe la marche pour entrer dans le corps de la douche. Un peu par crainte je m'écarte au maximum pour éviter d'être arrosé par un début de jet d'eau glacé et pousse la poignée pour appeler la sainte pluie. Si au départ le ciel me livre une gerbe tiède, je finis par sentir la vapeur qui retapisse les parois et m'enivre dans une agréable léthargie où je paresse presque une heure. Dans les shampoings qui trainent sur la bordure au sol, je tire le premier contenant pour tout appliquer sur mes cheveux et frotter dans tous les sens jusqu'à produire une écume blanche. La suite ça va tout seul ; coup de savon par ci par là et je fais disparaitre l'aigre douce qui s'échappe dans les gorges du siphon.

Combien de temps il s'est passé depuis que j'étais là-dessous ? Je préfère pas regarder l'heure de mon téléphone. Mon téléphone... Ah, merde ! Ma poche de pantalon.

"... Lia ?"

Me dis pas qu'elle a déjà mis mes fringues à laver. Attends, d'abord, se rhabiller. Je choppe les affaires laissées sur le pas de la porte et me barricade à nouveau entre quatre murs. C'est un peu grand, j'ai l'impression de flotter mais je plonge mes jambes dans le pantalon noir puis engouffre mes bras dans la chemise. Dans le miroir je rencontre un Basil un peu différent. C'est marrant, mais ça me donne plus de gueule que mes propres sapes. Le daim me reconnaitrait pas. Les chaussures aussi sont un peu larges du bout, je pourrais même passer deux doigts entre mon talon et l'arrière de la pompe, mais ça m'empêche pas d'émerger du car wash avec la fumée bouillante à ma suite. Univers, me voilà.

"Pardon, j'ai mis plus de temps que prévu je crois bien... C'était vraiment chouette. Ah... Vous auriez pas vu mon portable ? Je le cherche."

Comme si mon sourire timide pouvait m'excuser de la flaque qui traine au pied de la douche.
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Dim 4 Fév - 13:11

Il lui faut un peu de temps avant de revenir avec des habits propres. Heureusement pour elle, tu sembles prendre ton temps sous la douche. Çane l’étonne pas plus que cela, vu tout ce qu’il y avait à retirer…

Dans la chambre de son frère, elle pousse un léger soupire. Jamais encore elle n’a eu le courage de reitrer ses affaires, si bien que la chambre est parfaitement rangée – à l’image de son frère – semblant attendre son habitant éternellement. Sans doute cela n’était-il pas prêt de changer… A force de fouiller elle finit par mettre la main sur des habits. Ils auraient été trop petit pour son frère aîné, sans doute y avait-il eu un mélange avec ceux de son petit frère. Et ou alors iln’avait pas eu le cœur à jeter ces vieux habits qu’il ne savait plus mettre.

Toujours est-il que ça la dépanne. Elle prend les vêtements, avec un petit pincement au cœur et va les poser face à la salle de bain après avoir essuyé la sauce qui macule le sol. Il ne faudrait pas les salir aussi, n’est-ce pas ?

Son insomnie tout oubliée, elle se dirige vers la buanderie. Par réflexe elle tâte les poches, les vidant de leur contenu. Il lui arrive toujours d’oublier l’un ou l’autre billet et de toute manière vu que tu te trouvais au magasin, tu devais au moins avoir de quoi payer sur toi. Elle l’espère, en tout cas. Une fois le tout vidé, elle tente d’abord de rincer le tout pour éviter de boucher la machine, puis met le tout à laver. On dirait une maman, à la voir s’affairer ainsi et l’espace d’un instant elle se dit qu’elle se verrait bien, être mère. Puis elle chasse cette idée. Elle ne pourrait pas infliger sa vie à un enfant.

Lorsque tu émerges enfin, le soleil est définitivement levé. De son côté, elle a rincé le siège de sa voiture et le parquet, histoire de ne pas avoir une odeur de sauce aigre douce dans la maison pendant des mois. Assise dans le fauteuil, elle pianote sur son pc. Tes affaires sont posées sur la table, elle s’est permise d’ouvrir les papiers pour vérifier qu’ils ne soient pas abimés, mais elle n’a rien pris. Ce n’est pas comme si elle en avait besoin après tout,n’est-ce pas ?

Répondant au son de ta voix elle lève la tête, enregistrant et fermant au passage la fenêtre sur laquelle elle travaillait. Pas spécialement envie de se dévoiler sur ce point, il faut croire qu’il y a des limites à sa bienveillance, la brunette. Enfin, elle ne compte pas de faire de mal. Pas pour le moment. Elle ne sait même pas ce qui va arriver, en fait. Elle est loin de s’en douter.*

Je suis dans le salon !

Elle porte la voix pour que tu l’entendes, et pose le pc sur le côté. Lorsque tu arrives, elle est sur le point de se lever

-Tes affaires sont sur la table. J’ai tout ouvert pour vérifier que la sauce n’avait pas été jusque là, mais je n’ai touché à rien tu peux vérifier. Ton portable, par contre… Il était trempé. Sans doute un bocal qui s’est brisé… je l’ai essuyé comme j’ai pu, mais je n’ai rien pu faire d’autre. Tu devrais vérifier s’il fonctionne toujours.

Elle affiche une moue ennuyée, à présent. Il faut dire qu’elle n’aime pas être porteuse de mauvaise nouvelle la demoiselle. Finalement elle reprend

Tes vêtements sont encore dans la machine, il y en a pour un moment. Tu veux manger quelque chose en attendant ?

Vu que tu étais allé acheter une boite d’asperge, elle se disait que tu voulais peut être manger. Bon, il n’était l’heure que du petit déjeuner, mais ce n’était pas bien grave. Chacun ses gouts après tout ?


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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Dim 4 Fév - 16:02

Est-ce que je la dérange ? Elle faisait un truc sur le PC, et... Je peux pas m'empêcher de croire que ça peut avoir un lien avec mon accident. Vite fait je balaye cette idée de ma tête, faut vraiment que j'appose des limites à ma paranoïa. Même Dagger me le dit ; même Basile me le dit ! Basile, le daim ! Celui qui devrait être plus peureux que moi... Non, je pense pas à mal de toi mon ami, pas du tout. Mais tu sais bien que de nous deux, c'est toi qui a le plus de courage. Du peu qu'on arrive à en avoir.

"Je vais regarder. Merci au fait, d'avoir pensé à vérifier les poches. Je fais partie de l'espèce humaine étourdie qui envoie le linge sans inspection au préalable. J'en ai perdu, des trucs." Ces détails de ma vie ne servent à rien, sinon peut-être meubler le silence que je n'aime pas. Pas quand les murs sont si hauts. Rapidement je tire le clapet de mon portable et constate en effet qu'on ne voit pas grand-chose sur l'écran ; une fêlure, beaucoup d'eau sur et sous la surface... Je sens que je suis bon pour repasser chez l'opérateur. Voyons au moins s'il répond quand on veut l'allumer. "Mmm... Mm... Allez... On y croit..." Rester appuyer longtemps, ça marchera. "Hn..."

Je crois qu'on peut voir ma tronche se dégarnir en direct live. Pas de vibrations, pas de réponse. C'est un vieux modèle mais savoir que je n'ai aucun moyen personnel de joindre le dehors m'inquiète. D'habitude je suis pas très moyens de communications de la sorte, mais ça me fait peur. Parce que même si Lia est rassurante, être coincé dans une grande maison loin de la ville, c'est comme voir un piège arriver. Je délire peut-être. Oui, c'est ça. Je dis n'importe quoi.

"Rien qui ne soit fait avec de la sauce aigre-douce, hahaha !" C'est niais. "Il est tôt, mais j'avoue qu'on peut bien faire quelque chose avec la conserve d'asperges. Je suis pas très doué aux fourneaux, mais avec un livre de recettes y a moyen..." Suffit de savoir lire, c'est tout, c'est tout... "Ah oui ! Faut que j'aille laver mon carnage à l'étage, je..." Pardon ? Tu l'as déjà fait ? "... Est-ce que je peux faire quoi que ce soit qui puisse t'aider ?"

J'ai honte, clairement. Mais bon, ça me change pas de d'habitude. Au lieu de ça je laisse divaguer mes prunelles qui visitent un peu mieux le bâtiment que tout à l'heure quand j'étais trempé dans le jus : C'est immense. Je me perdrais sans arrêt dans un endroit comme celui-là. Curieusement, je suis de moins en moins embêté à l'idée qu'il puisse y avoir d'autres personnes vivants ici : ça me rassurerait, en fait. De ne pas être seul, je veux dire. J'aime bien Lia, je sens qu'elle est quelqu'un de bien et que je peux pleinement lui faire confiance, mais c'est plus fort que moi. Oh, c'est quoi ça là-bas ?

"Un piano ? Tu fais de la musique ?" J'adore les musiciens. "Il est énorme, c'est un vieux ? J'avoue que je sais pas jouer d'un instrument, mais j'admire ceux qui savent. L'enchaînement des notes, savoir faire sans la partition et tout... C'est cool."

Je me suis assis dans le fauteuil mais mes jambes dandinent un peu sur place. Des tics nerveux qui me rassurent. Plus c'est grand, plus je me fais petit. Entre deux réponses de Lia, j'ai les yeux qui dévient sur son PC. Qu'est-ce qu'elle faisait, avant que j'arrive ?

Du bout du pouce, je pointe par-delà mon épaule droite la cuisine qui se trouve dans mon dos.

"Hm, peut-être que je peux commencer à préparer quelque chose ? Mon portable fonctionne pas, mais c'est pas grave. Je changerai en rentrant à la maison."
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Mer 7 Fév - 22:50

Ce qu’elle faisait n’avait rien avoir avec toi, tu pouvais au moins être rassuré sur ce point. Bien qu’elle ait une avance considérable dans ses écrits, elle continuait à coucher sur papier diverses histoires, quand l’envie lui prenait. Ce n’était pas tant qu’elle en avait besoin, mais cela lui permettait de s’évader, en quelque sorte. Et pourquoi pas de se diversifier un jour.

Mais elle ne voulait pas qu’on lui pose de question à ce sujet, alors elle se débrouillait pour que rien ne soit visible. Loin de se douter du malaise qui grandit en toi elle se redresse et hoche légèrement la tête. Elle n’est pas une grande fan de légume, il faut bien l’avouer. A vrai dire elle se nourrit principalement de sucrerie, quand elle ne tourne pas en pâte ou pizza. Pas qu’elle ne sache pas cuisiner – elle se débrouillait quand il le fallait – simplement elle cuisinait ce qu’elle aimait. Et les bonbons ne se cuisinent pas vraiment…

Elle se redresse, haussant les épaules.

-Pas de soucis pour ça. Moi-même je laisse toujours des choses dedans, donc bon…

Ne te lâchant pas du regard elle ne tarde pas à comprendre qu’en effet, le portable ne fonctionne pas. Face à ta mine déconfite, elle mordille sa lèvre, hésitante. Ce n’est pas dans ses habitudes de laisser quelqu’un toucher à son téléphone : c’est comme son pc, personne n’y touche. Point.

Pourtant tu as l’air réellement ennuyé de voir que tu ne parviens pas à l’allumer : peut être dois tu joindre quelqu’un ? Elle était partie du principe que tu étais peut être trop pauvre pour avoir accès à une douche. Peut être avais-tu un chez toi ? Quelqu’un à prévenir ? Mettant fin à ses hésitations, elle cesse de mâchonner sa pauvre lèvre qui n’a rien demandé et demande

-Tu as besoin de joindre quelqu’un ?

Elle secoue ensuite légèrement la tête, un léger sourire aux lèvres

T’en fais pas. Ca fait longtemps que je vis seule, j’ai appris à faire les choses de suite, sinon ça s’accumule et.. ça ressemble plus à une poubelle qu’à une maison

Elle a un léger rire, soudain moins affranchie. Elle n’aime pas parler de sa solitude. Avec cela vient généralement la question de pourquoi une maison si grande alors qu’elle est seule. Ou alors les gens connaissent sa famille… et c’est un silence gênant empli de pitié qui s’installe. Aussi elle saute sur l’occasion lorsque tu lui poses une question sur le piano.

Son regard se pose sur celui-ci et l’espace d’un instant elle se retrouve enfant, la pièce envahie par les notes qui rythmaient leurs journées. Cela lui manque. Revenant ensuite à la réalité en quelques secondes, elle reprend

-Un peu. Mon instrument, c’est plutôt le violon. J’ai appris à jouer du piano mais… je suis loin d’être douée.

D’ailleurs, elle n’y a pas retouché depuis que le pianiste y a fait sonner ses notes. Quelques images de cette nuit lui reviennent en tête et le rouge lui monte soudain aux joues, tandis qu’elle détourne le regard, ramenée sur terre par ta dernière proposition

Il y a des livres de recettes dans la bibliothèque, si tu veux. J’avoue que les asperge ne font pas partie des aliments que je cuisine régulièrement, je ne peux pas t’être d’une grande aide..
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Message(#) Sujet: Re: Supermarket flowers Ven 16 Fév - 19:23

Même si une personne a tendance à se montrer bienveillante avec moi, j'ai toujours des doutes. Pas... forcément envers l'autre, mais j'ai constamment besoin de me sentir dans un environnement familier, où je peux me réfugier dans mon coin. Un endroit où me ressourcer. Plus c'est petit, plus j'aime. C'est pour ça que la vie au Refuge m'est si confortable, d'une certaine manière. Le plus dur pour moi, c'est tout le temps de croiser les autres dans les couloirs. Parfois on voit des gabarits impressionnants : d'autres, ce sont des gens qui ont l'air encore plus effrayés que moi. Là dans mon petit 8m², je me sens bien. En sécurité. Comme si je pouvais avoir l'oeil sur tout.

"Non. Pas spécialement." Je n'ai jamais personne à appeler. Le téléphone, c'est l'assurance psychologie : le savoir sur moi, c'est me dire que j'ai un moyen d'appeler au secours si je suis en danger. Même si je n'ai pas de nom à donner au numéro que je taperai. Je hausse des épaules, l'air de rien. Montrer que je suis en forme. "C'est quand même mieux de savoir qu'on peut nous joindre." La seule personne qui aurait pu m'appeler sans qu'il ne s'agisse d'une erreur, c'est Dagger.

Puis je me détourne un peu, pivote mes jambes vers la droite comme si je m'apprêtais à filer. Je décolle pas, mais j'apprécie l'intention de Lia. Elle détend un peu l'atmosphère - elle est chez elle. En vrai, je ne devrais pas me préoccuper de ce qu'elle faisait avant que j'arrive : ça me regarde pas. Alors je réfléchis, pendant qu'elle me raconte ses compétences de musicienne. Je m'en serais douté, mais le violon...

"C'est quoi le plus difficile à apprendre entre le piano, et le violon ?" Je me suis souvent posée la question. La réponse est peut-être pour aujourd'hui. Je ne demande pas davantage : je sens que les instruments et même la maison... tout ça n'a pas été payé par Lia. Pas directement. En y réfléchissant, ça a l'air d'être un héritage. Il n'y a pas l'air d'avoir du monde à l'étage, tout le monde est parti ? En voyage ? Morts, peut-être ? Quoique j'en pense, je ne compte pas demander. Les histoires de famille, certains n'aiment pas en parler. "J'vais me débrouiller, pas d'problème. Heu... Il est tôt mais bon, un petit casse-croûte. On va voir si mes journées à bouquiner m'ont servi à quelque chose. Attends."

Et là j'émerge, je saute du canapé et emboite le pas vers la cuisine. Le plus dur, ça va être de trouver les ustensiles (j'ai jamais aimé demander "Où ça se trouve ?"). Les livres, ils sont là sur le comptoir. J'en prends un au pif, le premier, puis j'ouvre une page au hasard et laisse l'éventail de pages souffler sous mes yeux. Y a même un pupitre pour le poser dessus, ça m'éblouit. Si je me foire, j'aurai l'air fin. A, B, C,... Asperges. Les plats contenants de l'asperge. Avant de tenter quoi que ce soit je vérifie le frigo : des champignons, du beurre, du poisson. Nickel. En tirant des tiroirs je déniche un paquet de pâtes, des cubes de bouillon et bien sûr... ma conserve d'asperges. Le poivre et le sel sont déjà sur le comptoir. J'ai tout.

Manches retroussées, mains lavées au savon dans l'évier, on dirait que je m'apprête à faire l’œuvre de ma vie. Le pli sur mon front atteste d'une concentration à toute épreuve et je tourne le bouton pour faire apparaître une flammèche. Casserole sur la plaque, j'y intègre l'eau et les pâtes, puis le carré de bouillon. En parallèle le pavé de saumon crépite sous la cuisson tandis que je nettoie les champignons pour les dorer avec une noisette de beurre... Et ça embaume, doucement. Je me sens un peu fier mais je m'interdis de redresser les yeux et crier à table tant que tout ne sera pas terminé. Les asperges (la cerise sur le gâteau !) cuisent lentement. C'est presque fini. Je ne connais pas vraiment les goûts alimentaires de Lia, mais je ne crois pas qu'elle détestera un plat composé à partir de produits qu'elle avait elle-même dans sa cuisine.

Quand tout est prêt, je me débrouille pour trouver des assiettes dans une armoire et piocher verres, fourchettes et couteaux. Je verse toute la préparation de manière équitable. Voilà, ça y est !

"Liaaa...? Je crois que... qu'on est bon !"

Tout est sur off et j'envoie les ustensiles dans l'évier. Encore des trucs que j'aurai à laver, mais c'est pour la bonne cause.
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