AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Il jouait du piano debout [ Solel X Lia )

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Mer 27 Déc - 22:03

&

Il jouait du piano debout



Idiote. Cette idée était tout simplement et totalement idiote. On lui avait proposé, ce soir là, de jouer au Full Moon. Bar assez populaire de la ville d’Inverness, elle le connaissait depuis son enfance pour en avoir entendu parler et tester les brunchs tous les dimanches matins. Une tradition à laquelle ses parents avaient toujours tenu, et qu’elle continuait à perpétuer en leur honneur depuis qu’elle gagnait suffisamment d’argent pour se le permettre.

Elle adorait se bar, y passant la plupart de son temps lorsqu’elle décidait de se rendre en ville et lorsque le propriétaire lui avait demandé si elle était disponible pour animer la soirée du réveillon, elle ne s’était pas sentie de refuser. Celui-ci avait l’âge de son père et elle la connaissait depuis son enfance : il avait assisté à chacune de ses représentations lorsqu’elle s’était plongée dans la musique comme un exutoire et ne cessait de lui répéter à quel point  il aimait l’entendre jouer

Si l’ambiance particulière de l’établissement n’était pas tout à fait en accord avec la connotation classique du violon, la demoiselle avait fini accepter d’animer les fêtes de fin d’années. De toute manière, elle ne manquerait à personne et quitte à passer le réveillon seule dans la grande maison où elle avait grandi, autant rendre service à cet homme qui l’avait vu grandir et à qui elle portait une affection toute particulière.

Ce n’était pas tant le fait de jouer qu’elle trouvait idiot. Mais plutôt celui qu’on lui ait annoncé, il y a à peine quelques heures que sa représentation se ferait en duo avec un pianiste qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Encore mieux, il semblerait que celui-ci ne soit pas non plus au courant de sa présence ce soir. Ne restait plus qu’à espérer que la surprise ne te ferait pas arrêter de jouer et demander à ce qu’elle sorte, nulle doute qu’elle le prendrait mal, bien que ça serait tout à fait compréhensif. Mais surtout, cela pourrait nuire à la réputation de l’établissement.

Bien qu’elle n’ait pas commencé le violon dès son plus jeune âge, il fallait avouer que Lia se débrouillait plutôt bien. Elle maîtrisait pour la plupart du temps les morceaux au bout d’une ou deux fois et connaissait tellement bien son instrument qu’elle était capable d’improviser une mélodie au grés de ses envies. Pourtant, il ne lui était jamais arrivé d’accompagner quelqu’un en musique, et on ne pouvait pas dire qu’elle était totalement relaxée à cette idée.

Alors elle avait improvisé : passant la journée à chercher des vidéos Youtubes où elle aurait la chance de pouvoir écouter les morceaux que tu jouais le plus, elle s’était entrainée pour produire un accompagnement digne de ce nom pour chacun d’eux. Ne restait plus qu’à espérer que tu ne décides pas de renouveler ton répertoire ce soir, elle risquait alors de tout gâcher.

Nerveuse, elle se trouvait en coulisse. La scène habituellement ouverte à celui qui désirerait chanter à sa guise se trouvait aujourd’hui emplie par un immense piano à queue, d’un noir brillant et presque hypnotisant. Elle pouvait voir de là où elle était la mine satisfaite de la plupart des convives. A savoir si cette satisfaction était due à la musique classique qui animerait leur soirée ou simplement au soulagement de ne pas avoir à écouter Madame Gascogne se casser la voix sur une des chansons de Johny Halliday.

Son violon était prêt. A vrai dire, elle n’avait émis qu’une seule condition au fait de jouer ce soir : être cachée. Peu de gens connaissaient son affection pour la musique et elle ne se sentait pas de devoir s’expliquer après le concert. Elle les voyait déjà hocher la tête, le visage compatissant et la bouche pincée en se disant qu’ils comprenaient que la pauvre petite Markenson ait eu besoin de cela pour l’aider à extérioriser sa peine. Sans doute aurait-elle ensuite droit à un tapotement sur la tête, accompagné d’un pauvre petite sans doute pas dit à haute voix mais pensé tellement fort que cela n’y changerait pas grand-chose. Alors si s’était pour en arriver là, autant rester cachée. Elle se joindrait aux convives par la suite, ou peut être aiderait-elle au service. Tout dépendrait de son humeur.

Et de son état mental. Car pressée comme elle était, Lia n’avait pas pensé à prendre son injection avant de partir. L’animal en elle – le monstre, même – n’avait pas tendance à se manifester souvent, mais elle craignait que le contact de la musique, que les émotions qui la parcouraient si souvent ne vienne le réveiller. Elle ne serait pas prête à ça, et n’avait aucune envie de se transformer au milieu de la salle. D’ailleurs, que dirait-on si cela venait à se savoir ? Ses parents avaient été tués par des métamorphes toute sa famille l’avait été, et elle étiat la seule survivante. On pourrait très bien l’accuser d’être responsable : tout le monde sait que si ses parents avaient découvert sa nature, ils l’auraient sans doute abattue d’une balle dans la tête, le regard froid et le cœur vide.

Mais cette idée ne faisait qu’accélérer son rythme cardiaque et ce n’était pas une bonne idée. Prenant une longue inspiration, elle se redresse légèrement sur le tabouret. Ça commence. Son violon se cale sous son menton, elle saisit son archet et écoute les notes qui s’écoulent. Merde, un nouveau morceau. Ou du moins, un qu’elle ne connait pas. Que faire ? La logique voudrait qu’elle s’abstienne et attende le prochain où elle pourrait surement t’accompagner.

Pourtant ce n’est pas ainsi que cela se passe. La voilà qui, sans même le réaliser, porte l’archet aux cordes de son violon pour en produire un son délicat, harmonieux. Un son qui accompagne parfaitement ton piano. Puis encore un, et un autre. La mélodie s’enchaîne et si elle se demande tout d’abord ce qui lui arrive, elle ne tarde pas à se laisser emporter par un tourbillon d’émotion, mélange de fascination et de plaisir qu’elle ressent à la fois à l’égard de la mélodie qui en découle, mais également de celui qui la produit. Qui est-ce ? Comment parvient-elle à prédire les notes qu’il jouera ? Ou peut-être est-ce l’inverse ? Elle n’en sait trop rien mais une chose est certaine, elle n’a jamais ressenti cela auparavant

Son cœur bat plus vite, ses pupilles se dilatent légèrement, mais elle ferme les yeux. Le rouge lui monte aux joues tandis que la musique devient plus rapide, plus soutenue, en accord avec la tienne. Elle sent presque les larmes lui monter aux yeux tandis qu’elle déverse ce qu’elle ressent, ce qu’elle a en elle et n’a même jamais eu conscience d’avoir avant de le révéler au grand jour…



@ pyphi(lia)
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Jeu 28 Déc - 18:28


  • "Il jouait du piano debout
    C'est peut-être un détail pour vous
    Mais pour moi, ça veut dire beaucoup
    Ça veut dire qu'il était libre… "



La musique était son prétexte à tout. Oh il était habile de ses mots, le pianiste... mais son silence musical valait toutes les complaintes du monde.

"Vous jouerez pour nous, ce soir ? À 19h tapantes."

Mais on aurait pu lire dans les yeux d'ébène que le pianiste aurait joué à n'importe quelle heure. Il était comme ça. S'il n'était pas nécessaire d'avoir les touches sous les doigts, il jouerait à tout moment et pour tout le monde. Voilà qui était étrange... Contradictoire. Solel Phoenix était précisément ce genre d'homme qu'on pouvait détester pour son caractère individuel et orgueilleux, méprisable. L'apparence propre cependant, cette manière de remettre son col droit, de lever le menton pour échouer son précieux regard sur les passants. On l'aurait doté d'une cape de noble, lui qui allait et venait dans les rues de Inverness, vêtu comme un prince.
Sa pensée était toute autre. Médisante, solitaire et corrosive ; il ne faisait confiance qu'à lui-même. Son animal eut craché à de nombreuses reprises sous la condescendance de son hôte.

Et pourtant, la musique le révélait. Des arpèges pures comme l'aurore nouvelle. Le son fluide qui s'écoule comme le métal liquide le plus pur. Ça désarçonnait. Quand Stone lui fit remarquer l'exactitude de ses notes, la couleur monta aux joues du Phoenix pendant un bref instant. Bref, presque fantasmagorique, mais suffisant pour comprendre le jeu de l'artiste. Une façade faite de noir et de blanc, construite pour dissimuler ces milliers de couleurs fragiles.

Personne ne prit la précaution d'avertir le métamorphe félin ne jouerait pas ses partitions habituelles. On ne le prévint pas non plus qu'il jouerait sur scène, accompagné d'autres soldats du son cachés derrière le rideau de velours.
Mais peut-être que l'ignorance de ces détails fut ce qui sauva la soirée.

***

Un public tranquille, docile. Des yeux qui paraissent obéissants, mais savent où glisser les doigts pour trouver les saloperies à jeter si venait la prestation minable de musiciens médiocres. Le Full Moon n'était pas réputé pour son prestige et l'on répétera inlassablement que Solel joue pour tout le monde. Le piano est là. Noir, vibrant sous les éclats d'une lumière tamisée comme pour mettre en valeur celui qui allait mener l'orchestre. Lui. Piano à queue qui ôte un levé de sourcil au musicien, éternel habitué à l'instrument droit qui est sans fioritures. Qui prendrait la peine de faire installer un outil aussi onéreux dans un aussi piètre endroit ? Oh ravale ta fierté, pianiste mal luné. C'est ton tour de monter. La panthère lustrerait son poil sous tant de regards bovins. L'obscurité éclot dans la salle et les bouches se cousent de silence. Puis le siège onyx l'accueille, et il n'existe plus qu'un grincement paresseux du tabouret pour signifier la position assise du pianiste, prêt à déclencher la symphonie des cordes. Les piano à queue sont plus exigeants que les droits, et Solel a moins souvent eu l'occasion de s'entretenir avec ces monuments de la musique. Disons qu'il s'agit d'un exercice. Sous son nez défilent les pages noircies par les typographies sonores. Des titres et des artistes d'autrefois qui peut-être appellent le pianiste à leur rendre la vie le temps d'un air.

Son choix se fait et,
le premier échauffement s'éxécute.



(Soudain ! il lui semble que les cordes audacieuses d'un violon de l'autre côté du rideau se détache de tous les autres)
(Il poursuit cependant son jeu, l'attention qui vagabonde)
(Qu'est-ce que c'est ?)
(Un sentiment euphorique, mystique et indescriptible l'accapare)
(Un métamorphe ? Il y a l'odeur d'un autre félin)
(Sa panthère s'éveille)
(Se demande Qui est-ce, Qui est-ce)
(Les spectateurs s'évanouissent sous la douceur enivrante)
(Ses doigts accélèrent la cadence, persuadés d'être suivis par le souffle habile d'un violoniste qu'il ne peut pas voir)
(Doucement le morceau s'achève...)
(... et les plus observateurs trouveront les lèvres de Solel fendues en un demi-sourire)

La rêverie prend sa chute. Le choc d'un son qui ricoche contre le bois du Full Moon... lentement, disparait. Le pianiste abandonne ses nuances graves et aigus, laissant le bruit et la lumière recouvrer leur statut dans la taverne qui explose en applaudissements pour le pianiste et ses compagnons invisibles.
Invisibles... Comme c'est étrange.

(Ils demandent Encore, Encore)
(Qui était-ce, Qui était-ce ?)
(Derrière, là, j'entends les battements d'un cœur)

La force mystérieuse de l'artiste condamné à pianoter toute la soirée le maintient sur place, pousse les genoux à rester pliés. Il ne bouge pas. Seuls les mouvements réguliers de sa poitrine demeurent la preuve qu'il vit toujours.
Le silence revient, supprime les salves admiratrices.
Mais Solel ne jouera pas une partition anticipée par le Full Moon. Il veut connaitre la réaction du violoniste. Comment il interprétera le passage à suivre.

(Il répondra à l'appel)
(Je le sais)



Un prélude enragé, furieux, beau et tragique. Il n'y avait pas de mots pour décrire une telle puissance sonore. Les états d'âme du pianiste avaient pris formes dans cette ultime complainte. Un morceau qui prit de court tous les accompagnants dissimulés, leurs instruments pendant béatement à leur menton, sans qu'ils ne sachent quoi faire face à la Tempête.

Tous, sauf peut-être un.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Mer 3 Jan - 0:03

La musique. Le plus beau des arts, un de ceux qui en révèlent le plus sur votre personnalité, sur la personne que vous êtes réellement. Encore une autre raison pour laquelle Lia s’arrangeait souvent our ne pas avoir à jouer en public, ou du moins en dehors des quelques récitals auxquels elle avait participé étant plus jeune.

Pour jouer, elle devait s’accepter dans sa totalité. Accepter son animal, ne faire qu’un avec lui pour parvenir à mettre des notes et des sons sur ces sentiments qu’elle-même ne parvenait pas à identifier. S’était ce qui faisait la beauté de la musique, ses nuances et ses défis, ce qui rendait chaque morceau unique : les états d’âmes et la passion mise par le ou la musicienne. Une chose qu’elle ne pouvait malheureusement pas se permette sous peine que l’on ne comprenne ce qu’il en était réellement. Elle n’était pas sure que l’on puisse deviner qu’elle était une métamorphe à la simple écoute de sa musique, mais il n’en restait pas moins que ses morceaux et musiques exprimaient une sauvagerie dont elle était loin de laisser qui que ce soit en être témoins. Lorsqu’elle joue, c’est aussi la voix du tigre qui résonne, un peu d’elle, un peu de lui et beaucoup des gens qui sont dans la salle.

Ce soir là, c’est pareil. Cachée derrière son rideau, elle se contente de ressentir et de se laisser porter. Elle ne prévoit pas, elle improvise un peu, mais surtout elle sait ce qui va se passer. Sa capacité d’empathie lui permet d’être encore plus en phase avec toi, avec tes humeurs et ton ressenti. Sans doute son tigre a-t-il également reconnu le félin qui sommeille en toi mais cela fait partie des nombreuses choses qu’elle n’est pas encore prête à s’avouer.

Alors elle joue. Une main sur le manche, l’autre aérienne tient l’archet qui virevolte avec passion et une autre émotion qu’elle a du mal à identifier. Passion ? Sans doute, peut être plus. Difficile à dire. Le rythme s’accélère et dans son monde, elle n’a même pas remarqué que vous n’êtes désormais plus que tous les deux. Elle se calque sur ton rythme, ralenti aux notes douces, accélères aux notes effrénées… Elle n’est plus Lia, anti métamorphe, elle n’est qu’une violoniste qui prend plaisir à jouer et se laisse porter par l’envolée des notes. Elle répond à l’appel, comme elle l’a toujours fait et le fera sans doute toujours.

Son violon t’accompagne dans la musique en une harmonie parfaite. Ses yeux à elle sont fermés, elle ne pense même pas à jeter un œil à travers une fente du rideau pour apercevoir le visage de cette personne qui semble l’avoir envoûtée : cela pourrait gâcher l’enchantement et c’est bien trop agréable pour qu’elle ne se laisse aller à prendre le rythme. Contrôle, Lia. Non, pas ici. Ici elle est déchainée…

La musique ralenti, imperceptiblement. Puis encore un peu. Le tempo se calme, plus doux, comme pour apprivoiser les spectateurs et elle-même, comme pour attirer l’animal apeuré qu’elle est et le convaincre de te rejoindre. Son cœur se calme lui aussi, elle ne s’était pas rendu compte qu’l résonnait si fort, au rythme de la musique. Boum boum. Boum boum.

La musique s’arrête, soudain. Silence dans la salle, tout le monde est abasourdi, elle la première. Elle rouvre les yeux, lentement. Est-ce la fin ? on dirait bien. Peut être seront-ils rappelés par la suite, sans doute en fin de soirée. Elle n’en a aucune idée : la seule chose qui occupe ses pensées à présent, c’est de trouver la personne responsable de son chamboulement actuel. Celle qui lui vaut ce cœur qui bat vite, ces rougeurs aux joues et ces yeux brillants, émotions qu’elle n’a plus éprouvée depuis longtemps.

Oh bien sure sa nuque est raide de s’être tant appuyée sur le violon et ses doigts sont en feu. Ses bras sont plein de crampes et elle a des fourmis dans les jambes tant elle s’est crispée dans le but de te suivre sur cette route improbable. Lentement, elle dépose son violon dans sa valise. Elle doit le remettre au bar, pas question de le laisser là toute la soirée, on ne sait jamais qui pourrait passer derrière le rideau. Et elle n’a pas envie de se faire aborder durant toute la soirée par les clients, chacun ayant un commentaire sur sa prestation ou même lui laissant un commentaire plus ou moins obligeant sur sa pratique de la musique.

Refermant les clips de la valisette, elle se sent pour la première fois… épanouie. Un état qui ne l’a pas caractérisée depuis bien trop longtemps. Fermant les yeux quelques instants, elle les rouvre pour se diriger vers le bar. Sans doute son vieil ami lui servira-t-il un verre, elle ose du moins l’espérer – ne serait-ce pas la moindre des choses après l’avoir embarquée dans cette affaire ?

Mais si Lia fait la râleuse, c’est pour mieux cacher la vérité : elle ne regrette pas le moins du monde d’avoir accepté de jouer ce soir. Ne reste plus qu’à rencontrer celui qui l’a mise dans cet état. La question qui la tourmente alors est de savoir si elle est la seule à être dans un état pareil ou s’il partage, ne serait-ce qu’un peu son émoi…



Assise au bar, elle a donné son violon au vieil homme. Celui-ci lui a servi un verre de limonade, elle évite l’alcool comme la peste. Perchée sur un tabouret, son regard est fixé sur la scène où tu te trouves encore. Visiblement, plusieurs sont venus te féliciter pour ta prestation. Peut-être te pose-t-on des questions également, elle ne saurait le dire. Elle se contente de te fixer de ses yeux noisettes, un regard intense et curieux tandis qu’elle sirote tranquillement sa boisson. Enfin, c’est du moins ce dont elle essaie de se persuadée : parce que son cœur, lui, n’a cessé de battre la chamade….
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Lun 8 Jan - 3:38

Impressionné. C'était le mot juste, le mot exact qu'il aurait souligné et repassé au fluo si on lui avait demandé d'écrire un compte-rendu sur ses ressentis de la soirée.

Une salve d'applaudissements coule des rangs spectateurs, chatouillant les oreilles comme une agréable mélopée enveloppant les esprits d'une ivre joie. Douceur et volupté... C'est la félicitée d'une prestation de deux musiciens. Deux musiciens et pas un de plus. Solel avait entendu un violon parmi les rangées musicales l'accompagnant. Si la panthère était dotée du langage, nul doute qu'elle aurait crié "Au tigre ! Au tigre !" pendant que son hôte jouait la musique. Tigre anonyme porteur des crins d'un instrument aux sons envoutants se promenant dans les graves et les aigus, ayant su suivre le mouvement de la tempête.
Oui, aucun doute que Solel aurait applaudi à son tour sur la scène, et aurait dirigé le rythme de ses paumes vers l'inconnue derrière ces épais rideaux de satin.

La soirée reprenait son rythme de tendresse nuage, flottant et décompressant la journée à travers les liquides ambrés et autres douceurs amères qui brûlent le gosier pour détendre le corps. Quelques amateurs vinrent à la rencontre du pianiste, appuyant oralement les notes qu'il avait interprété tantôt, comme s'il s'agissait de l’œuvre d'un dieu. D'autres s'apparentaient à ces filles en délire qu'on trouve aux portes d'une limousine, prêtes à sauter sur le malheureux qui oserait en émerger. Ridicule. Dans cette foule admirative, bien peu de monde capturait l'attention du fabriquant de son, plus intéressé par le silence qui finira par fatalement retomber quand cessera la folie. Et, sans qu'il ne puisse réellement déterminer la source de son impression, il lui sembla qu'un regard inquisiteur brûlait sa nuque comme un appel furieux.

Ses yeux papillonnent, et son manque de réponse ne tarde pas à installer le laissé-sur-la-faim du public en émoi. Dommage, ce sera pour une autre fois. "Excusez-moi, j'ai à faire." La panthère targuait quelque chose. Dans une délicieuse lenteur, Solel glissa toute son attention vers le fond du restaurant, les orbes trottinant le long du comptoir... jusqu'à remonter sur les épaules dévoilées d'une femme seule. Elle avait les doigts autour de son verre, l'air à l'abandon dans le silence terrible qui suit la fin d'une prestation.

Il se fit sourd aux remarques et détacha son corps du siège. Son pas était mesuré, calculé. Pendant quelques secondes il fut cette panthère qu'il se refusait d'être et, descendant la petite estrade sur laquelle on l'avait mis en valeur le temps d'un air, au plus il approchait ; au plus son félin réagissait en sentant la proximité d'un semblable à la fourrure blanche. La distance se réduisait, dangereuse, l'inévitable menaçant de se produire à coup d'éclat. Quelque chose que Solel noierait dans la boisson des gorges chaudes.

C'était elle. Le violon... Et le rythme qui s'était calqué au sien sans la moindre hésitation, sans la moindre erreur et sans la moindre faiblesse. Plus personne n'avait fait à ce point serrer le cœur sec du pianiste, depuis trop longtemps déjà.

"Du whisky, merci." La place vide ne l'est plus. Quand il se tourne, c'est dans l'espoir d'apercevoir plus qu'un profil encadré de cheveux bruns. "Excusez-moi, j'avais besoin de m'assurer qu'on ne me fixait pas avec des intentions meurtrières."

Le fantôme d'un sourire traverse ses lippes, marquant la plaisanterie légère d'une première rencontre. Puis le claquement significatif d'un verre rempli et ses glaçons qui tapent les facettes, brise le silence qui suit sa déclaration. Franchir la barrière qui scinde deux acteurs du silence peut parfois ressembler à la brisure d'un pacte. Un accord tacite qui témoigne du fait que seuls les musiciens qui ne parlent pas sont en mesure de donner naissance à la musique sans le moindre défaut.
Celui qui parle est celui qui ne sait pas jouer.
Celui qui joue est celui qui n'a pas besoin de parler.
Des questions confondent alors son esprit en milles parois sans réponses. Qui est-elle ? Ne l'ai-je pas déjà vue auparavant ? Quelle est la couleur de ses yeux ? Et le son de sa voix. Je n'entends pas son animal, où est-il ? Non... Non, je ne me trompe pas de personne. Je l'ai entendue.

"C'était vous, n'est-ce pas."

Aucun sourire ne tire ses zygomatiques, et il s'agit peut-être là de la preuve qu'il n'est pas question d'une tentative de charme, de corruption ou que sait-il encore. Un Solel qui ne sourit pas est un Solel qui ne ment pas. (Peut-être est-ce pour cela que personne ne l'a jamais vu esquisser le moindre sourire au moment de jouer) Ce soir-là, personne ne pouvait savoir ce qu'il allait jouer, et personne n'aurait pu être au courant de son changement de jeu. Oh il ne dément pas la qualité d'instrumentalisation des autres violonistes... Mais d'aucun n'avaient su accompagner la tempête jusqu'à apprendre à danser en sa compagnie, comme cette femme l'avait fait.

"Je n'aperçois pas votre instrument, mais vous n'oseriez pas me dire que vous n'avez rien à voir avec mon changement de partition."

L'envie de trinquer chatouilla passablement l'esprit du métamorphe à la panthère, mais découvrir de la limonade dans le verre de l'inconnue eut plutôt l'effet de lui soustraire la mimique amusée d'un homme qui vient de rencontrer un enfant.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Dim 14 Jan - 0:39

*Assise au bar, Lia tapotait pensivement du bout de ses ongles sur la surface polie par le temps de celui-ci. Son regard ne te quittait pas, sans qu’elle ne se rende compte qu’elle pouvait paraître inquiétante à te regarder ainsi. Heureusement, sa tenue aurait eu tendance à réaliser les inquiets : vêtue d’une robe d’un bleu sombre profond faisant penser à du noir, celle-ci se trouvait nouée derrière sa nuque, dégageant ses épaules pour se resserrer sous sa poitrine, avant de s’évaser en une coupe simple jusque le dessus de ses genoux. Des chaussures hautes, elle n’a pas besoin d’être stable sur ses pieds puisqu’elle joue assiste. Toujours est-il qu’une possible tueuse ne s’habillerait pas de manière si peu pratique, et qu’elle pouvait ainsi au moins rassurer les curieux sur le fait qu’elle ne risquait pas de sortir une arme pour braquer le bar le soir du réveillon. Non, elle avait au moins un minimum d’éducation, il fallait el souligner.

Elle ferme les yeux quelques instants. Derrière ses tempes elle entend encore la musque raisonner, enivrant son cœur et ses sens. Quelques secondes s’écoulent, peut-être minutes : elle t’a lâché du regard, cessant d’être ce point brûlant sur ta nuque. Soudain, le tabouret à côté d’elle est tiré. Elle lève lentement la tête, Les boucles brunes s’échappant de ce chignon désordonné qui dévoile sa nuque caressant ses joues tandis qu’elle pose son regard sur toi. Le rouge lui monte aux joues à ta plaisanterie, alors seulement elle remarque que sa manière de te fixer était sans doute indécente. Quelque chose, en elle, la pousse vers toi. Elle ne réalise pas qu’il s’agit du tigre, encore trop bouleversée par la musique. Par ce qui est en train de se passer.

Car une chose est sure : elle est attirée par toi. Une attirance à laquelle elle ne se serait clairement pas attendue, dont elle ne savait pas quoi faire. Son instinct lui crie de prendre ses jambes à son cou, de rentrer chez elle le plus vite possible… mais comme d’habitude, elle prend le plus grand soin d’ignorer ce que lui dit son instinct. Alors elle prend une inspiration, discrète, pour cacher sa nervosité. Lorsqu’elle est avec son violon à la main, elle est une autre personne. Une personne sur d’elle et entière qui parvient à faire entendre ses émotions d’une manière ou d’une autre. Une autre Lia. A présent elle redevenait cette femme brisée depuis des années, hantée par sa nature et incapable d’entretenir une relation ne serait-ce qu’amicale.

Mais pas ce soir. Ce soir, elle serait quelqu’un d’autre. Une inconnue capable de se laisser aller dans un bar, portée par l’ambiance du réveillon et quelques émotions encore inconnues. Ce soir elle découvre une nouvelle partie d’elle-même. Alors un mince sourire prend place sur ses lèvres tandis qu’elle te lance une œillade amusée, portant son verre à ses lèvres. Elle boit une gorgée avant de répondre*

-Vous n’avez pas de craintes à avoir. Comme vous le voyez, je n’ai nulle part où cacher une arme..

*Elle tentait de répondre à ta plaisanterie, sans doute de manière un epu maladroite. Mais c’est bien tout ce dont elle était capable la petite : évitant tous contacts humains depuis bien longtemps à présent, elle se trouvait totalement démunie. Qu’était-il en train de se passer ? était-ce ce que l’on pouvait appeler un flirt ? et qu’était-elle censée faire, dans ce cas ? Tant de questions qui faisaient accélérer son cœur, tandis qu’elle reposait son verre sur le comptoir. Tu commandes de l’alcool. Sans doute es-tu plus à l’aise qu’elle. Sans doute n’as-tu pas un secret à cacher, comme elle..

La jeune fille penche légèrement la tête sur le côté. Ses joues se colorent un peu plus, et un éclat vient prendre place dans son regard. Oui, c’est elle. Elle est démasquée. Un instant elle est tentée de mentir, de se dérober. Mais la principale raison pour laquelle elle ne veut pas que cet instrument se sache est qu’elle désire éviter les remarques de son entourage. Elle ne t’a jamais vu, aussi échappera-t-elle sans doute aux regards compatissants.

De toute manière, aux vues de l’harmonie qui vous a pris quelques minutes plus tot, il aurait été bien inconvenant de sa part de te mentir. Tu l’aurais su , elle en est certaine. Et elle ne tient pas à te prendre pour un idiot, loin de là. Alors elle hoche simplement la tête, se penchant vers toi comme si elle s’apprêtait à te confier un secret. C’est un peu le cas, d’ailleurs*

-C’était moi.

*Deux mots. Trois syllabes. Prononcés avec une voix profondes et vibrantes qu’elle ne se connait pas, mais elle ne lâche pas ton regard. Elle ne se sent pas menacée par ta présence. En elle le tigre ronronne presque, heureux d’avoir trouvé un camarade. Pourtant il se fait discret : il ne faudrait pas qu’elle comprenne…

Néanmoins, elle suit ton regard vers sa limonade. Aux vues de ta mimique amusée, c’est une moue presque boudeuse – mais également un peu joueuse – qui prend place sur son visage. Il est peu commun de voir une adulte ne pas prendre d’alcool, surtout dans ce genre d’événement. Elle en est consciente*

-Seriez-vous en train de vous moquer de moi monsieur Phoenix… ?

*Elle connaissait ton nom. Bien sure qu’elle le connaissait, elle avait passé la journée de la veille à écouter tes partitions et te chercher sur youtube. Néanmoins il ne lui était pas venu à l’esprit que ce détail pourrait surprendre. Sa voix avait alors pris des inflexions plus caressantes, une légère chaleur venant imprégner celle-ci signe qu’elle n’était pas réellement vexée*

Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Sam 20 Jan - 15:07

Elle répliquait avec sourire sur le fait qu'une femme bien habillée n'est pas femme à ennuyer. Le tigre, le tigre ! Tu le sens ? Il nous appelle. Le contraire aurait été surprenant. Pendant que chacun est occupé à jauger l'autre d'une manière ou d'une autre (Solel laissait vaguement échapper des œillades sur la robe d'ébène pour se donner le prétexte de remonter plus haut) (Il effeuillerait volontiers les parures de tissu, s'il le pouvait), une première gorgée de whisky filait dans les travers de sa gorge chaude. Combien de femmes, et d'hommes, avait-il abordé de cette manière ? Combien de fois il avait laissé ses coudes glisser le long du comptoir à la finition d'acajou pour refermer doucement ses filets autour de la proie désœuvrée ?

"Je pourrais me faire surprendre." Il sait qu'un homme attentif ne juge pas la femme à son apparence. On cacherait bien milles couteaux sous les pans d'une robe noire. "Laissez-moi vous dire une chose. Vous avez du talent."

Ses zygomatiques relevaient la courbe de son sourire, et sa dextre approchait le verre en direction de la métamorphe au tigre silencieux. Silencieux comme s'il se privait lui-même de toute manifestation. La panthère, elle, battait des oreilles. Elle comprenait que quelque chose n'allait pas normalement chez cette femme. Quelque chose comme de l'hostilité envers elle-même. Le pianiste n'y porta que peu d'attention, occupé à écouter la plaisanterie féminine. Eh bien oui. Un verre de limonade a bien moins de prestance que l'ambre liquide, si c'est ce qu'elle veut savoir.

"Ne soyez pas contrariée, tout un chacun a son plaisir coupable qui lui est propre. Je ne peux qu'encourager la boisson sans alcool, cependant... Me feriez-vous l'honneur de trinquer avec moi ?"

Homme comme panthère avaient tiqué sous l'entente de Phoenix. C'était bref, parce que de toute évidence les noms les plus importants avaient été prononcés en début de soirée pour introduire les musiciens. Pourtant, Solel était à peu près sûr que si cette femme s'en souvenait, ce n'était pas pour cette raison. Après un claquage entre les verres, "tac", preuve qu'aucun poison n'est distillé dans l'un d'eux (en tout cas, c'est bien ce qu'une vieille légende passée tente de nous faire croire), l'ambre liquide s'évade et dénude un peu plus le verre qui retrouve ses couleurs de miroir. Pour elle, ce sera simplement un peu de piquant sur le palais et le gout du sucre entre deux dents. Puis on repose les récipients pour s'adresser d'une meilleure façon à sa nouvelle connaissance. Solel arborait l'air précieux qu'on aurait pu attribuer à quelqu'un d'aussi finement vêtu. Le noir sous tous ses aspects, du veston au pantalon ; du blanc ivoire qui court pour couvrir la peau d'une chemise sans plis. Une perfection physique évidente qu'il soulignait, qu'il embrassait et qu'il dévoilait sous les sourires plastique. Ses paroles poussaient à l'exécution, et s'il ne croyait pas à la menace de son homologue au roi blanc, il ne comprenait pas exactement ce qu'il lisait en elle. Qu'est-ce que c'était que ça ? Une sorte d'attirance ? L'envie de savoir pourquoi l'innocence de ce visage candide ne semblait pas coller avec les véritables intentions ?
On finit par s'entrevoir sur le visage des autres, à force d'expérimenter le mensonge.

Lentement ses paupières se plissent, cherchant une information oubliée quelque part dans les souvenirs. La meilleure réponse viendra de la concernée. Y a-t-il la couleur qui lui monte aux joues ? Solel doute qu'il s'agisse d'un effet de la boisson.

"Sauf erreur, je ne me rappelle pas avoir entendu votre nom. J'aimerais me souvenir de la personne que j'aurai plaisir à accompagner une seconde fois." C'est un jeu. Deux félins qui se tournent autour dans une boucle infinie et sans nom. "Excusez-moi, je sais que je peux paraitre brusque. Appelez ça une simple curiosité."

Par derrière, le public s'était dispersé pour chacun retourner à sa table, pendant que la place de pianiste demeurait fatalement vide. Allait-on encore les rappeler pour clore la soirée ? Peut-être. Mais quelque chose susurrait à l'oreille du solitaire qu'il en avait fini pour ce soir. Dans les yeux bruns encadrés de quelques mèches sauvegardées d'un habile chignon, se terrait quelque chose de plus intriguant, tenant bien plus que du seul talent. Contre les parois de sa chair, il entendait son fauve gratter, remuer son poil tout contre, ronronnant comme s'il appelait le félin blanc à le rejoindre. Et c'était étrange que de voir la jeune femme et son expression ignorant sa propre créature comme si elle n'existait pas.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Mar 30 Jan - 22:51

*Sans doute serait-elle une proie de plus. Sans doute la soirée ne prendrait-elle pas le tournant auquel elle s’attendait, sans doute serait-elle surprise. Mais elle est loin d’en avoir conscience actuellement, alors qu’elle sent ses joues chauffer sous ton regard et son ventre se tordre. Quelles sont ces sensations ? Que lui arrive-t-il ? Elle n’est qu’à la limonade pourtant, elle sait que le barman ne lui aurait pas fait de coup fourré. Pourtant, malgré l’étrangeté des émotions qui l’assaillent elle se sent presque prête à se laisser tenter. Un petit verre ne peut pas lui faire de mal après tout, n’est-ce pas ?

-Sans doute pas de la manière dont vous le pensez.

* Quelle est donc cette voix qu’elle emploie ? Caressante, presque joueuse, elle ne se reconnait pas. Elle penche légèrement la tête sur le côté à tes mots, repoussant au passage une mèche qui vient se nicher trop près de ses yeux. Geste simple et rapide, pourtant montrant clairement à quel point elle est surprise – même un peu embarrassée – par ce que tu viens de lui dire. Elle n’est pas habituée aux compliments, et ne joue jamais en présence d’autre personnes. Pas depuis ses récitales en tout cas, et ce n’est pas plus mal. CE soir elle est là en tant que simple spectatrice et si on lui demande ce qu’elle a pensé de cette prestation, elle répondra sans doute avec un air triste qu’elle n’a malheureusement pas pu y assister. Sans doute lui parlera-t-on du pianiste, homme au regard envoûtant ayant évité les conversations qui avait captivé la salle, mais personne ne se souviendra de ce son qui était venu améliorer la mélodie. Et s’était tant mieux.

Ce qu’elle ne savait pas encore par contre était que personne n’aurait l’occasion – du moins ce soir – de lui poser ses questions : sa soirée se passerait avec toi pour le réveillon le plus surprenant qui lui serait donné de vivre.

Laissant ses lèvres peintes en rouge pour l’occasion s’ourler d’un délicat sourire, elle lève son verre de limonade à moitié vide, le choquant délicatement au tiens*

-Si c’est demandé si gentiment… Mais pourquoi un plaisir doit-il forcément être coupable ? Tant que vous ne faites de mal à personne, je ne vois pas le problème.

*Elle porte son verre à ses lèvres, encore pensive. Va savoir pourquoi, elle n’a pas envie de passer pour une enfant à tes yeux. Sentiment assez étrange puisqu’elle n’a rien à prouver après tout. Mais elle sait l’effet que sa limonade peut faire aux personnes extérieures et comme lle ne compte pas s’expliquer… après tout, il s’agit d’un soir de fête non ? Cela ne peut pas lui faire de mal. *

-Peut être devrais-je vous suivre, après tout.

*Reposant un verre vide sur le bar, elle fait signe au barmaid de lui servir la même chose que toi. Elle n’a aucune idée de ce dont il s’agit, mais aux vues de sa connaissance en alcool cela ne l’aurait pas avancé à grand-chose.

Cette fois c’est à son tour de laisser son regard glisser sur toi, profitant du silence qui s’installe. Un silence calme, comme de ceux que l’on retrouve entre deux amis de longues dates. En elle, le tigre est pris d’un apaisement et d’une agitation assez difficile à contenir : quelque chose se passe mais il est incapable de mettre des mots dessus. Et puis surtout il prend bien soin de se retenir, parfaitement conscient que si l’humaine s’en apercevait, elle s’éloignerait de cet homme. Voir pire, elle pourrait comprendre ce qu’il est, et ce serait la fin d’une magnifique soirée.

Il n’y a pas à dire, tu es bel homme. Soudain nerveuse, elle repense à sa tenue : la robe noir lui avait parue appropriée, mais dès lors qu’elle se trouvait sous ton regard de velours elle n’était plus sure de rien.

La surprise la frappe de nouveau lorsque tu déclares souhaiter l’accompagner une seconde fois. Elle ne s’attendait pas à avoir si bien joué, et pourtant elle sait qu’il y a quelque chose. Elle le sent, sans parvenir à le définir ni à en trouver l’origine.

Ses yeux s’agrandissent un peu avant qu’elle ne reprenne contenance, laissant un doux sourire prendre place sur son visage*

-Le plaisir serait partagé. C’est la première fois que j’accompagne quelqu’un, mais je dois avouer que si c’est vous… ce serait loin d’être un problème.

*Sourire sincère. Sans doute est-elle trop franche, elle ne se doute encore de rien la petite naïve. Uniquement sur certains sujets, bien sure. Son verre est posé sur la table, mais elle n’adresse qu’un vague signe de tête au barmaid pour le remercier. Inclinant légèrement la tête, elle finit par répondre*

-Je m’appelle Lia.

*Elle pria pour que tu ne demandes pas son nom de famille. En aucun cas elle n’avait envie de se voir rabattu au statut de pauvre orpheline. Ce qu’elle ne sait pas non plus, c’est que tu es un métamorphe : si tu connais le nom des Markenson, tu dois savoir qu’il s’agit d’une famille extrémiste. Et ce soir, elle souhaite juste être Lia, rien de plus.

Ignorant tout de tes interrogations, elle jette un regard au piano. Elle non plus ne sait pas si vous allez devoir rejouer : de ce qu’on lui a dit, elle n’avait qu’une seule prestation à faire. Peut être en est-il autrement pour toi, cela elle n’en sait rien.

Mordillant sa lèvre, elle demande*

-Vous jouez encore ce soir ?
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Jeu 1 Fév - 22:22

Solel n'aurait pas pu dire de Lia qu'elle était d'ordinaire une femme plutôt timide et destructrice sans cette note d'audace dans la voix. Il n'aurait pas pu, puisqu'il ne la connaissait pas. Pas encore assez. On a une bonne intuition en étant un introverti ; on sait ce qui est bon pour nous, ou ce qui ne l'est pas. Et on a aussi une bonne reconnaissance de ce qui nous entoure, à commencer par les personnes qui se mentent à elles-mêmes.

Et c'était ces phrases alléchantes, mielleuses qui disaient "Approche, approche". Bien sûr, il était facile d'appâter le pianiste qui savait répondre aux ondulations d'un corps sensuel, tout comme à la vibration synchronisée de deux instruments faisant l'éloge d'un concerto en duo le temps d'une scène. Il était réceptif, la panthère aussi, mais s'il fallait préciser le regard de l'homme et sa créature, alors les couleurs auraient été différentes.
Au fond de la brune, le tigre. Son fauve le sentait, s'en imprégnait du peu qu'il pouvait à travers cette étrange couche de déni qui avait préparé le félin blanc à se cacher de son hôte féminin. Pourquoi demeurer dans l'ombre ? N'a-t-elle pas conscience ? Et ce que la panthère savait, Solel le savait aussi. Mais il n'en faisait rien, son sourire un peu plus décroché par les insinuations de la violoniste. Qu'elle évoque le plaisir sans la part de culpabilité était sous-entendu d'un million de choses. Un million de choses que comprenait Solel. Il était le premier à lancer ce genre de propos quand une personne l'intéressait, et voilà qu'on lui envoyait à son tour.

Peu à peu, ce qui s'apparentait au départ à de la réserve et une sensibilité fragile louable, se tapissait d'autres couleurs. Comme l'envie, la proximité, le goût des lèvres qu'on préférerait ailleurs que sur ces verres presque vides. Un jeu dangereux, fabuleux et brûlant s'engageait au fil que les mots se buvaient avec langueur. Le sourire vermillon qui lui répondait frappait dans la cage thoracique, dansait un peu partout pour réveiller la chair endormie sous les coups de musique plus tôt. Oh oui, Solel réagissait parfaitement bien quand il s'agissait des plaisirs, qu'ils soient coupables ou non.

"Lia," répétait-il comme pour lui-même, comme pour assurer sa conscience et son félin que Oui, je m'en souviendrai. Et ça fait un moment qu'il a pas touché son verre, le chatouilleur de clavier.

Entre deux mots ses yeux fuyaient sur le visage de la musicienne, en détaillait le regard et les traits. Tout ça, enrobés par une fine couche de noir en tissus, cheveux noués dévoilant une nuque qui se fait désirable. Montrer sans montrer. Une gorgée de l'ambre qui chauffe les recoins des joues puis l'estomac ôte quelques secondes de temps de parole, pendant qu'une question anodine est posée sur le comptoir. Jouer ce soir.

"Si on me le demande, je le ferai." Non, on n'hallucine pas : son timbre de voix est bel et bien en train de baisser. Avec une lenteur presque frustrante, l'ouverture de ses lèvres approche l'oreille de la musicienne. "Mais je ne peux pas répondre si personne ne me réquisitionne, voyez-vous..."

Oh mon dieu la commissure de ses lèvres qui tire un peu plus. Son fauve le connait par cœur. Tellement qu'il préfère se concentrer pleinement sur le rayé-blanc de la joueuse de son que d'écouter les battements de son humain qui se font de plus en plus martellement. On n'avait jamais fait plus rapide et explicite invitation que Solel Phoenix ne l'avait fait dans ce restaurant ce soir de Décembre. Une nuit de Réveillon qui allait voir exploser ses feux d'artifice comme à l'accoutumée.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Jeu 1 Fév - 22:59

Elle ne se reconnaissait pas. D’une jeune femme souriante mais introvertie, la voilà transformée en une séductrice d’un soir. Du moins c’est l’impression qu’elle se donnait, car elle était loin d’être assez expérimentée pour être sure de ce que représentait son comportement. Elle espérait d’ailleurs ne pas trop en faire : se montrait-elle vulgaire ? Elle n’en avait pas l’impression. A l’intérieur de sa cage thoracique son cœur s’accélère. Cette fois ce n’est plus de la timidité qui vient colorer ses joues mais une autre émotion qu’elle n’identifie pas encore réellement.

Quelque chose de nouveau, une chaleur délicieuse qui vient embraser chaque parcelle de son corps et allumer une étincelle dans son regard. Lia n’a aucune idée de ce qui lui arrive mais ce dont elle est certaine c’est qu’elle ne veut pas que cela s’arrête. Son regard s’arrête quelques secondes sur tes lèvres, et l’envie d’en connaître le gout se fait sentir, avant qu’elle ne détourne le regard. Si elle est envahie par des sensations qu’elle ne connait pas encore, ses pensées sont encore loin d’être explicites.

Peut être le tigre aurait-il pu communiquer avec la panthère. Sans doute aurait-il du lui dire de s’éloigner, que cette femme est dangereuse. Car elle l’est sans armes, même si elle répugne à se servir de ses apprentissages. Elle répugne à bien des choses la demoiselle, à commencer par elle-même. Mais lorsqu’il s’agit de s’enfoncer dans les veines cette foutue injection censée le faire taire, il n’y a plus de scrupule nulle part. Et s’il montrait de la résistance, s’il faisait entendre sa voix s’était une seconde dose que la brune s’injectait. Une manie qui finirait par la tuer, et lui avec…

Sourire entendu aux coins des lèvres, elle saisit son verre pour boire une gorgée avec toi, retenant une grimace de surprise face à la force de l’alcool. La chaleur monte d’un cran en elle, se mêlant avec cette irrésistible sensation qui l’envahit. Le temps qu’elle reprenne ses esprits, son prénom roule sur ta langue et elle ne peut s’empêcher de se dire qu’elle aime décidément beaucoup la manière dont tu prononces son nom.

Elle n’en revient pas d’avoir osé poser la question. Elle aimerait rejouer avec toi, c’est sure. Mais sans doute pas ici. Elle souhaiterait pouvoir jouer dans un endroit avec toi, seule. Où elle pourrait voir ton visage. Elle est curieuse de voir les émotions qui pourraient passer sur ton visage. Sont-elles aussi tangible que dans ta musique ? Cet art qui réchauffe les cœur et les âmes a encore bien des surprises à vous livrer.

Alors qu’elle se fait cette réflexion, un frisson la parcourt. Oh elle n’a pas froid, loin de là, mais elle se rend compte que tu es soudain beaucoup plus proche. Ses bras se couvrent de chair de poule et elle ferme les yeux lorsque ton souffle semble effleurer son oreille. Rêve-t-elle ou est-ce une invitation à peine déguisée ? Elle décide de se faire confiance pour une fois, et lève les yeux vers toi. C’est un regard pétillant qu’elle t’adresse, un regard de femme enfant mutine et joueuse. Une invitation, ou une réponse à la tienne selon le point de vue*


-Dans ce cas, peut-être devrions-nous faire en sorte qu’ils n’aient pas le temps de vous réquisitionner encore une fois ?

*Un peu moins séducteur, son sourire est à présent plein de malice à l’idée de fausser compagnie à tous ces gens. Cette proposition, c’est un quitte ou double, et elle espère sincèrement ne pas s’être trompée dans ses interprétations…*

Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Jeu 1 Fév - 23:45

Oh il connaissait très bien, Solel. Les réponses du corps après une demande, après une invitation, après un murmure. Il maitrisait comme s'il suffisait de savoir y mettre les mots pour contempler le résultat, la dernière esquisse et l'ultime mouvement. Dans toutes ses relations (toutes, sans aucune exception), Solel se fiait à son propre jugement, couplé à l'instinct de l'animal. Ainsi, on savait dire qui était réceptif, qui ne l'était pas, et qui pouvait répondre si on creusait un peu plus loin. Il ne pouvait pas dire de Lia qui était-elle en dehors de ces murs, en dehors du froid mordant qui habite les pavés de la ville. Mais il pouvait écouter son tigre. Il le pouvait, comme elle, elle semblait l'ignorer. Et dans les grognements du félin d'ivoire aux cicatrices noires, il pouvait entendre le sentiment de la découverte, l'appréhension de l'inconnu, le décryptage de ces papillons fous qui tourbillonnent dans le ventre. (L'appel à l'aide, plus secrètement) Comme un enfant, comme celle qui n'a jamais connu les plaisirs de la chair ni l'intégralité d'un corps masculin. Une pureté nécessaire qui pourtant semblait nouée à quelque chose de plus sombre, de plus amer. Aux yeux du pianiste, tout était parfaitement limpide, descriptible. Il observait, il comprenait, il agissait. Et il savait qu'on mordait à son hameçon. C'est ce qui fit qu'il n'écouta pas les étranges avertissements du tigre.

La réaction de son homologue fut à la hauteur de ses attentes. Attentes... Oui. Parce qu'il aimait qu'on se plie à ses désirs, au timbre de sa voix autant qu'à sa manière d'appuyer sur les dents du piano. Les désirs silencieux, avertis ou sous-entendus, peu importait l'origine de la demande : Qu'on ploie sous lui était tout ce qui comptait. La femme qui se cambre sous son emprise, l'homme qui se découvre prêt à tout pour un peu de sa chaleur égoïste. Tout se résumait à ce même mot : volupté.

Et quand la pulpe des lèvres carmin lui susurra de fuir l'agitation humaine et parasitaire, la courbe de son sourire s’éleva à un peu plus d'un cran, faisant bouillonner ses sens qui chavirent, tremblent pour chuter en ce qui ressemble à un délicieux abandon. Lentement son souffle s'ôte de l'oreille musicale, retourne à sa place entre deux dernières gorgées d'alcool. Au bout du compte, son verre a perdu toutes ses couleurs, et on entend plus que les glaçons à moitié fondus qui glissent encore dans le fond comme des perles froides.

"Je vous en prie, j'aurai tout le temps pour jouer en privé. Surtout si ma compagnie s'avère aussi délicieuse que la vôtre. Vous possédez un véhicule ? Filez, je vous rejoins à l'arrière du restaurant. N'oubliez rien... Rien qui n'en vaille la peine."

Cessation du dialogue. (En espérant qu'elle fasse la démarche pour justifier son absence si venait le cas où les spectateurs la redemanderaient encore.) (Quoique, peu de chance qu'on demande un musicien en particulier quand tous étaient dominés par l'épais rideau de velours.) Bref, des pièces dorées roulent sur le comptoir, signe d'un remerciement pour les boissons alors qu'un hochement de tête entre hommes a lieu. Puis Phoenix s'arrache à son siège pour fendre la foule en deux comme la faucheuse (il sait bien, la panthère est contrariée de quitter si promptement). Son objectif est de retrouver le patron qui l'a fait venir ici : "Veuillez m'excuser, je dois prendre congé pour ce soir. Oui, demain vers 19h. Je serai là." Il rafla au passage sa veste qu'il remis sur ses épaules pour le couvrir d'une potentielle pluie nocturne.
Le pianiste est un des rares musiciens à ne pas pouvoir emporter avec lui son instrument, et par conséquent, le piano droit resterai solitaire jusqu'à la fin de la soirée, sans son artisan pour le faire vibrer. On poussa quelques râles de déception en surprenant le musicien de tête s'évader pour d'autres contrées. Quelle raison pouvait-elle être plus importante que le piano lui-même ? On n'aurait pas su le dire.

Au sortant du restaurant, l'artère était calme : à cette heure-ci, on n'avait plus grand-monde qui emboitait le pas de nuit à une heure si tardive. Les lumières de la ville, toujours. Un mince filet de vapeur s'échappe d'entre ses lèvres et une bouffée d'air fait brièvement soulever sa poitrine. Sur sa montre on lit l'affleurement de minuit. Quand une fine bruine pointe le bout de son nez sur les têtes laissées à découvertes, il referme les pans de son blouson, plisse des yeux sous les deux cônes de lumière qui s'approchent de lui.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Ven 2 Fév - 0:19

En effet Lia était encore totalement innocente et inconnue des plaisirs de la chair. Plongée dans cette haine farouche d’elle-même et de son corps, elle n’avait jamais réussi à être proche d’un homme au point de se laisser approcher de cette manière. A vrai dire, l’idée ne l’avait même jamais effleurée : la simple possibilité de lâcher prise et de perdre le contrôle la terrorisait profondément. Sans parler du fait qu’elle-même se détestait. Comment laisser quelqu’un la toucher ou pire, l’aimer, dans ces conditions ? Car ce soir elle apprendrait également que le plaisir n’est pas synonyme d’amour et que s’ils peuvent s’accompagner, il ne s’agit pas d’une condition sin equa non.

Sa peau prend des couleurs, et elle hoche lentement la tête. Elle n’a pas vraiment besoin de donner une raison à son départ : elle n’avait été demandée que pour le début de la soirée et ne s’était pas engagée pour la suite ni pour le souper. Elle n’aurait qu’à préciser au patron qui l’avait fait venir qu’elle ne se sentait pas à l’aise si proche d’un public. Elle savait qu’il serait loin d’être contraignant, déjà bien heureux que la demoiselle ait accepté de venir ce soir. Elle te suit du regard durant quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Son verre d’alcool se trouve encore sur le comptoir, liquide ambré qu’elle dévisage avant de porter à ses lèvres. Elle ne boit pas grand-chose, juste une gorgée. Pour avoir le gout en bouche, pour se réchauffer. Pour se dégriser. Si elle n’a pas encore réalisé de manière totalement consciente – pas avec des mots – en tout cas – la suite de la soirée son corps sait qu’elle aura surement au moins besoin de cela.

Elle paie également ses consommation, froissement d’un doux billet qu’elle coince sous le verre avant d’agiter la main en direction du barmaid. Celui-ci lui rend un sourire mi surpris mi amusé tandis qu’elle s’éloigne en direction de la sortie du personnel. Une habitude, elle connait bien le café, et de toute façon c’est sur le parking réservé à ceux-ci qu’elle a laissé sa voiture. Violon sur la banquette arrière, elle prend quelques secondes pour vérifier son visage et tapote ses joues en voyant la couleur soutenue de celle-ci. Puis elle réalise qu’elle est surement en train de te faire attendre, et elle enclenche le moteur, sortant du parking pour se diriger vers l’endroit désigné. Grosse voiture qu’elle conduit. Non pas qu’elle ait eu une préférence pour un quelconque modèle, seulement sa maison est suffisamment perdue dans les bois pour qu’elle ait besoin d’un tout terrain. Pas besoin de redouter les glissements et autre embuches.

La portière s’ouvre, un petit courant d’air vient secouer la voiture, et d’un geste mécanique elle allume le chauffage. La nervosité monte doucement, mais ta présence la rassure, sans qu’elle n’en réalise réellement la raison. Ses hésitations se calment, son tigre entre en résonnance avec ta panthère, son don d’empathie se charge du reste. Un sourire reprenant place sur son visage, elle te jette un regard*

-Un dernier verre chez moi ? A moins que vous n’ayez une autre préférence..

*Toujours ce regard canaille et pétillant, elle n’a pas encore démarré. Elle attend ta réponse, en quelque sorte. Une vague de chaleur l’envahit lorsqu’elle s’aperçoit de la proximité que vous impose la voiture, l’atmosphère charge d’électricité tandis que ses yeux ne quittent pas les tiens*
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Sam 3 Fév - 22:52

Le froid aurait pu refroidir certaines ardeurs mais pas l'étincelle qui avait germé dans les entrailles du pianiste ; à la vue de la source lumineuse mécanique qui tombait vers lui, une portière s'ouvra et Solel enjamba pour relâcher son poids dans le moelleux du fauteuil passager. Un dernier nuage de vapeur fila d'entre ses lèvres alors que son regard charbon atterrit dans les yeux de Lia.

"Le verre ou autre chose : surprenez-moi." Le clac de la ceinture mord le mécanisme. Tu peux appuyer sur la pédale. "Vous vivez aux abords de la ville ?"

Au fil que le paysage défilait, le pianiste comprenait que la brune vivait, à peu de choses près, dans les mêmes conditions que lui. Lieu restreint, caché du public, à la frontière de la forêt et sur une bute qui ferait presque passer la demeure pour un lieu inhabité. Il ne se sentait pas oppressé de se savoir si loin de la circulation ; bien au contraire. Homme comme panthère auraient pu croire être arrivés à la maison, chez eux. Au sortant du véhicule, la froideur de la nuit reprend ses droits sur les parcelles de peau découvertes. Pas de doute, la bâtisse est immense. Combien sont-ils à vivre là-dedans ? Elle paye le loyer toute seule ? Dans le meilleur des cas, la violoniste logeait dans le bâtiment sans l'avoir déclaré. Et dans le pire, à l'heure actuelle, la famille qui vivait ici n'est plus de ce monde.

Jusqu'à l'arrivée au cœur d'entre ces murs, plus une seule parole ne trahit la pensée du pianiste. "Plaisant, vraiment." Petit commentaire glissé dans la volée. Le couple traverse le palier après avoir sollicité le paillasson pour déloger un peu toute cette neige et la pluie sous les semelles. Il était tentant de demander directement à la concernée d'où lui venait un tel patrimoine, ou bien même l'origine de l'apparente solitude dans laquelle la musicienne semblait se complaire. Vers le plafond, un faible halo de lumière couvre toute la salle principale, laisse le pianiste investir les environs par sa curiosité qui le pousse à approcher les détails environnants. (Tiens donc, des photos ? Qui est la petite fille au centre ?) Solel ôte son manteau pour le laisser pendouiller au premier crochet mural trouvé. C'est comme ça, il a tendance à faire de chez les autres, son chez lui. Surtout dans le cas où il sait pertinemment qu'on ne pourrait pas lui en vouloir, n'est-ce pas.
On voit les choses en grand chez les Phoenix, et ce depuis toujours.

"J'ai cru apercevoir votre instrument à l'arrière du véhicule ; est-ce que je me trompe si j'en déduis qu'il n'est pas le seul ici présent ?" Non pas qu'il pouvait clairement voir le piano à queue dormant à l'autre bout de la pièce. Son pas silencieux approche. "Un Bechstein à la finition d'acajou. Je vois qu'on a le gout pour le grand luxe."

La pulpe de ses doigts volait à la surface des dents monochromes nues, renvoyant le reflet de sa silhouette masculine et fine. Dans sa tête, Solel pouvait entendre. Il pouvait entendre la ronde de son félin qui allait et venait, la langue repassant le pourtour de ses babines impatientes, guettant le moment où enfin, il serait en compagnie du tigre blanc. Et pour une fois, lui comme l'humain s'accordaient sur la présence désirée. Sous la caresse de ses mains, il pouvait comprendre les heures passées à entrainer les cordes de l'instrument, à faire vibrer le son dans cette grande demeure vide aux milles fenêtres.
Sans doute en oubliant sa propre présence étrangère, Solel appuie sur l'épaisseur d'une touche désignée au hasard, faisant tinter l'écho de la musique. Préoccupé un instant par on ne savait quelle chose, le solitaire finit par redresser son attention et accorder un échange visuel avec Lia qui le rejoignait. Le fantôme d'un sourire tira l'extrémité de ses lèvres. Pas de fioritures.

"Puis-je ? D'aussi belles pièces se font rares."
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Dim 4 Fév - 12:20

Au moins, les choses sont claires. Le rouge lui monte encore plus aux joues – malgré son attitude et ses propos, elle est loin d’être habituée à ce genre d’idées et/ou de comportement – mais heureusement pour elle, cela ne se voit surement pas dans l’obscurité. C’est ce qu’elle espère, du moins.

Elle était loin de se douter que vous aviez à ce point le même train de vie. Même si elle appréciait la compagnie des humains – et sans le savoir, des métas puisqu’elle était incapable de les différencier – elle restait le plus souvent seul. Trop peur. Peur de faire un faux pas, de se laisser porter par une pulsion, de voir son tigre sortir à un moment gênant… La peur est l’un des pires fardeaux que l’on ait à porter, et pourtant elle n’a pas le choix. Les métamorphes sont violents, on le lui a toujours dit. Le plus ironique est qu’elle n’y croyait pas vraiment, persuadée qu’il y avait du bon en chacun…. Jusqu’à cette nuit où elle a eu la preuve de ces paroles. Des enfants encore innocents à la gorge tranchée, ses frères et sœurs dont elle avait entendu la peau se déchirer, les os se briser. Des cris qui avaient animé cette maison, bien trop éloignée de la civilisation pour qu’on puisse les entendre. Ironique n’est-ce pas, que cette prise de précaution pour éviter que ‘on entende les métas suppliant ne se retourne de la sorte contre eux ?

Et puis il y avait eu le fait de découvrir qu’en réalité, elle était comme eux. Cette nuit là le tigre avait fait face pour la première fois et elle avait réalisé que si les métamorphes étaient des êtres dangereux qui ne sèment que le chaos, elle en faisait partie. Et elle se haissait pour ça.

La silhouette de la maison se dessine dans la nuit, et un petit pincement au cœur la prend, qu’elle évince bien rapidement. Chaque fois qu’elle voit l’ombre de son enfance se dessiner dans les bois, elle ne peut s’empêcher de redevenir une adolescente. Elle a de nouveau quinze ans et elle espère que ce n’est qu’un rêve, que son frère va bientôt sortir de la maison pour la taquiner sur son retard, exagérant l’agacement de leur père quant à ce fait.

Cette fois pourtant ça n’arrive pas. Sans doute parce qu’elle n’est pas seule, son don d’empathie est plus actif que jamais. Le verre qu’elle a bu n’a pas aidé à réfréner ses pouvoirs, il faut bien se le dire. Elle te précède dans la demeure, et un sourire amusé étire ses lèvres lorsqu’elle te voit prendre tes aises. Cela ne la dérange pas, de toute manière elle t’aurait invité à le faire. Se débarrassant de sa veste – elle était toujours troublée de voir que, la veste étant plus longue que la robe, elle donnait l’illusion que la jeune femme était nue en dessous – elle se dirige dans la cuisine. Le chauffage est déjà mis, et les lumières douces semblent vous plonger dans un autre monde, loin du froid de décembre.

Lorsqu’elle revient, deux verres à la main – elle s’est servie dans les liqueurs ayant appartenu à ses parents – pour les déposer dans le salon, elle est surprise de te voir devant le piano. Elle n’aurait pas du l’être, mais il faut dire que si elle avait veillé à ce qu’il soit toujours accordé, elle n’en jouit que rarement. C’est une belle pièce, achetée par son père. LE soir lorsqu’elle était enfant, la musique envahissait la maison. S’était en sa mémoire qu’elle avait voulu apprendre e piano et si elle avait terminé son apprentissage, elle préférait largement faire vibrer son violon. C’est bien moins douloureux.

Elle ne laisse néanmoins rien paraitre tandis qu’elle dispose les verres sur la table. Son violon a déjà retrouvé sa place dans un coin de la pièce, près de la fenêtre où elle joue le plus souvent.


-Il appartenait à mon père. Le genre d’homme qui ne se refuse rien et se permet tout. Je vous en prie, faites vous plaisir. Cela fait longtemps qu’un musicien de talent ne s’y est pas attardé, vous auriez tords de vous en priver.


Elle ne se considère pas comme ayant le talent. Encore moins avec le piano : elle sait enchainer les notes, mais la nostalgie qui la submerge fait que chaque mélodie qui sort de son piano est emprunte d’une mélancolie et tristesse à toute épreuve.

Le tigre en elle est toujours partagé, dans ces moments là. Certes ces gens il les a connu, les a côtoyé pendant longtemps. Mais il est parfaitement conscient que s’ils avaient su pour lui, Lia et lui seraient mort depuis longtemps. Alors s’ils lui manquent un peu, ce n’est que de très loin, et rarement pour longtemps.

Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Dim 4 Fév - 17:03

C'est drôle, mais au moment où elle évoque son père, Solel avait l'impression qu'on parlait de lui (au-delà de son narcissisme fulgurant, qu'on s'entende). La folie des grandeurs, l'insolence dans les paroles et le toucher. Tout. Croire que le monde nous appartient. Devait-il comprendre par-là que le paternel de Lia avait été compositeur, lui aussi ?

Entre ses doigts le verre trouve refuge, son liquide faisant va et vient d'une paroi à une autre. Quelques gorgées chutent, avant que le récipient à multiples facettes ne soit posé sur le dos du piano, là où le vent ne souffle pas. Siège tiré sous lui, il reprend place comme il s'était installé au Full Moon, sous ses doigts la texture fragile des dents blanches prêtes à fabriquer le son à sa demande. Dès que le pianiste s'affairait sur l'instrument, plus aucune parole ne coupait la fermeture de ses lèvres. Le meilleur musicien n'est pas celui qui charme son public : il est celui qui laisse le son parler pour lui.

Aussitôt le silence reprit ses droits qu'une paire de main habile vint briser le pacte en engendrant la naissance des premiers arpèges, conduisant les cordes à faire vibrer les noires et blanches de manière fluide mais ponctuée d'aspérités toutes particulières. Du doux dans la souffrance ; la joie dans la rigueur. Que joue-t-il ? Personne ne le sait. Peut-être auront-on pu déceler dans sa partition mentale des influences romantiques, expérimentales, rien qui ne soit dans les jalons du classique. Aussi surprenant que cela puisse être, Solel était un virtuose à la musique chargée de sentiments et d'évocations lyriques. Pourquoi un homme à la capacité aussi colorée et créative se cachait derrière tant de froideur condescendante et orgueilleuse ? Beaucoup parlent mais peu savent.

Alors que le tapis sonore se déroulait de toute son amplitude à travers la grande salle, le son parut mourir sous ses gestes ralentis au fil que son expression faciale se décomposait. Il aurait pu sembler à Lia quand elle joue des crins de son violon, ou au meilleur guitariste qui se déchaine sur la scène éclairée ; au bout du compte, dès que les notes s'écrasent, les masques retournent à leur place.
L'art était un moyen de comprendre.

Et même après ça, la parole ne lui revient pas. Un million de choses était passé par la tête et les pensées ; un million d'idées et de souvenirs pendaient à la bouche du pianiste qui avait détaché ses yeux du vide. Maintenant, il voyait Lia, rien que Lia, sans autre prénom et sans autre visage. Il avait entendu sa musique, quelques temps plus tôt dans la soirée, et avait compris. Bien des émotions traversent les cordes, visitent le bout des doigts et voyagent jusque dans la sphère des yeux ; mais aucun mot ne pourrait décrire l'essence d'une alchimie aussi complexe, aussi profonde et aussi riche.

Point de mot, il pousse sur ses genoux et retrouve sa position debout. Sa respiration pourrait caresser la peau du faciès féminin, il en a conscience : il est beaucoup trop près d'elle. Dangereusement, lentement et soigneusement, sa dextre approche la joue colorée de rose et rouge, chatouille la surface laiteuse sans réellement la toucher. L'effleurement de quelques mèches rencontrées provoquent un bref frisson mais rien qui ne puisse décrocher les pupilles noir animal de Solel, ancrées dans les iris chocolat de la violoniste. À quoi pensait-elle ? Que voulait-elle dire ? Ses lippes tremblent comme si elle voulait murmurer quelque chose. Elle le regarde, avec peut-être autant d'images brouillées que lui. Pourtant, la clarté émane de leur visage à tous les deux, signe que peut-être, il ne suffit que d'une impulsion pour faire éclater tous les doutes. Avec une précaution toute particulière, les lèvres se rencontrent, ploient sous la volonté de l'homme comme de la femme, saluent une saveur nouvelle appuyée des gestes tendres et précis qu'on aurait pu attendre des musiciens les plus talentueux.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité


Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia ) Mer 7 Fév - 23:40

En effet, sans doute ressemblais tu à son père sur quelques points. S’était un homme grand, un homme fort sur de lui et de ses convictions. Elle avait le souvenir d’un père exigeant mais juste, aimant et tendre avec sa famille et portant une affection toute particulière à sa femme. Ses parents passaient souvent pour des êtres froids et sans cœurs, mais cette image n’était valable qu’avec des métamorphes. Le reste du temps, ils étaient une famille soudée aux activités certes peu conventionnelles, mais une famille tout de même.

Elle avait eu la chance de connaitre un foyer soudé. Ses frères et sœurs plus âgés prenaient soins d’elle tout en la charriant un peu – comme dans toutes les familles, sans doute – et les plus jeunes la prenaient comme modèle. Un bien piètre modèle d’ailleurs, quand elle y repensait : elle, jeune fille trop émotive, trop à l’écoute et trop crédule qui ne parvenait pas à détester les métamorphes. Au final, cela ne l’avait menée qu’à la destruction de sa famille. Et si ce souvenir était sans doute le plus marquant, il n’était heureusement pas le seul.

L’odeur des cookies sortant du four, les rires et cris animant la demeure, les étreintes un poil revencharde de la fratrie, le regard bienveillant de leurs parents, tandis que son père déposait un baisé bienveillant sur la tempe de sa mère. Elle se revoyait même adolescente, joues gonflées et mine boudeuse tandis que le reste de la famille riait, sans doute à ses dépends. Et la musique, ce piano qui déversait ses notes sous les doigts de son père, donnant une atmosphère toute différente à la pièce.

L’espace d’un instant ce souvenir se superpose à l’instant présent, tandis qu’elle est ramenée sur terre par la musique que tu produis. Ce trombinoscope de pensée n’a duré qu’une poignée de seconde et pourtant elle se sent désorientée. Peut être l’alcool qu’elle n’a pas l’habitude de boire ? Par précaution, elle pose le verre sur la table basse, alors qu’elle n’y a que trempé ses lèvres. Son vertige n’a rien avoir avec cette substance mais elle est loin de s’en douter.

Assise sur l’accoudoir d’un fauteuil, à côté du piano son regard est posé sur toi. Il ne te quitte pas, intense et vibrant. Pas une seconde elle ne réalise que ce geste est déplacé, qu’elle ne devrait pas te regarder ainsi. Pourquoi ne devrait-elle pas, d’ailleurs ? Elle voit tes doigts glisser avec légèreté sur les touches du piano, elle observe ton profil, ton visage, ton regard. Pas de sourire sur ton visage cette fois, et elle se demande si tu as offert le même spectacle plus tôt dans la soirée, ou si elle a le droit de voir une facette habituellement cachée.

Se sentant privilégiée malgré elle, elle ne prononce pas un mot lorsque la musique meurt peu à peu. L’air entre vous semble s’être chargé d’une émotion qu’elle ne connait pas encore, de désir et d’anticipation. Son regard grave ne te quitte pas, elle n’y parvient pas et de toute façon, elle n’en a aucune envie. Son ventre se tord avec délice dans son ventre, et un léger frisson la parcourt alors que tu ne l’as pas encore touchée. Maintenant qu’elle y pense, vous n’avez encore échangé aucun contact ce soir : rien que des effleurements et des paroles sibyllines. Et pourtant… Cela suffit à la mettre dans tous ses états.

Son souffle se fait plus court et inconsciemment elle entre ouvre les lèvres. Sa tête se lève légèrement pour garder son regard dans le tiens, elle a l’impression de ne plus être elle-même. Que fait-elle ? Aucune idée, mais aucune envie d’arrêter.

Délicatement, c’est à son tour d’avancer la main. Une main pâle et fine, faiseuse de musique mais assez banale, somme toute. Ses doigts effleurent ton torse à travers le tissus de ta chemise, et la chaleur que tu dégage semble la rassurer autant que l’encouragée. Et soudain, le contact se fait. Initiant un léger pas en avant – et se dressant sur la pointe des pieds parce que, il faut bien le mentionner, tu es diablement grand – elle savoure ce baisé avec une attention toute particulière.

Si Lia est totalement novice dans les plaisir de la chair, elle a au moins déjà connu un baisé. Mais pas un baisé comme celui là : rien qui l’ait un jour transportée ainsi. Ses lèvres épousent les tiennes avec douceur, tendresse. Avec timidité aussi parfois, mais celle-ci peine à cacher la fougue sous jacente qui envahit la tigresse. Le rouge lui monte aux joues encore plus, elle sent celles-ci bouillir, mais à vrai dire cette chaleur est présente dans tout son corps. Venant à ta rencontre, sa main glisse de ton torse jusqu’à ton épaule en une caresse légère, pas vraiment consciente : tout ce qu’elle veut à présent, c’est que cet instant ne s’arrête jamais.

En elle, le tigre semble saisir l’occasion, cherchant la panthère tandis que Lia ne s’aperçoit même pas de son influence, totalement happée par les gestes du pianiste. Détachant lentement ses lèvres de celles du jeune homme, elle te lance un regard troublé. Que faire ? Que dire ? Elle n’en a aucune idée, mais visiblement son corps n’a pas attendu que son cerveau comprenne ce qu’il se passait pour agir.

Ses doigts glissent le long de ton bras, venant saisir ta main tandis qu’elle te lance un regard enjôleur*

-Viens…

Un mot murmuré, pour ne pas briser la quiétude de la pièce. Elle t’entraîne à sa suite dans l’étage, se dirigeant vers sa chambre. Ce soir serait assurément LE soir, et bien qu’elle n’ait pas mis de mot clairement sur ce qui allait se produire, son corps et son inconscient, eux, l’ont deviné depuis longtemps
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



Message(#) Sujet: Re: Il jouait du piano debout [ Solel X Lia )

Revenir en haut Aller en bas
 
Il jouait du piano debout [ Solel X Lia )
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Jouer du piano c'est toujours mieux que de faire la causette à un lycan du moins c'est ce que je croyais...[pv Ava]
» Debout ! [PV]
» Je ne sais pas jouer au piano[PV Niko']
» Sur un drôle d'air de piano ...
» Bouts de bois et bois debout // SpearHeart

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
INVERNESS RPG :: Archive rps-
Sauter vers: